The Equalizer est vaguement inspiré de la série télévisée des années 80 du même nom. Le film souhaite faire de Denzel Washington un héros plus cru que dans l’original et cherche à réinventer l’univers de façon plus sombre et plus violente. De ce côté-là, c’est une réussite car bien qu’il assassine de sang-froid ses ennemis, Robert McCall parvient toujours à conserver en lui une certaine humanité. Malheureusement, c’est dans le message que le long-métrage pêche avec une glorification des justiciers auto-proclamés bien trop courante dans le cinéma américain. Néanmoins, si on passe outre ce dernier point, il reste un film d’action plutôt bien fichu et qui fera office de bon divertissement le temps d’un soir.
La première partie du film fonctionne très bien. On y voit le personnage principal vivre son quotidien de manière assez tranquille mais voit ses amis et collègues être victimes d’activités frauduleuses en tout genre. L’ambiance est bien installée avec un univers sombre, presque irrécupérable. C’est au moment où McCall passe à l’action que le film d'Antoine Fuqua perd de son intérêt: pour la faire vite, on est presque dans un film de super-héros. McCall est bien trop compétent pour tous les adversaires qui se présentent à lui et il quittera chaque scène d’affrontements avec classe une fois qu’il aura botté les fesses de tout le monde.
C’est aussi là que survient le problème du film, à mon sens, qui met en exergue les points positifs à se faire justice soi-même. Ce que je dis peut paraitre un peu bête à ceux qui sont venus, comme moi d’ailleurs, se vider la tête en regardant un gentil taper sur la tête de méchants, mais il faut admettre que le film laisse la sensation qu’on ne peut compter que sur soi-même et quelques amis (de préférence anciens de la CIA) pour remettre de l’ordre dans ce bas-monde.
Toutefois, les scènes d’action sont de bonne facture ce qui est moins courant que ce qu’on pourrait croire. Denzel Washington fait du bon travail en naviguant d’une personnalité à l’autre, du type tranquille et avenant à l’assassin impitoyable. Sa bipolarité est d’ailleurs assez symbolique du film qui balance entre gravité et autosatisfaction. On relèvera aussi l’écriture caricaturale de l’antagoniste mais Marton Csokas s’amuse tellement qu’on ne peut pas lui en tenir rigueur.
The Equalizer aurait gagné à être un peu plus court, notamment avec son affrontement final qui n’en finit plus, mais fait un divertissement honnête. Si on peut lui reprocher son message global et l’invincibilité de son (super-)héros, il ne faut pas non plus cracher dans la soupe : il y a un côté satisfaisant à voir des méchants se prendre une belle raclée. A garder pour les soirées où on ne veut pas trop utiliser ses neurones.