J’avais à la fois hâte et peur de cette suite. Faire une suite à un classique comme Gladiator, lauréat de cinq Oscars et considéré comme l’un des meilleurs films de sa décennie, relève de l’exploit. Comment réussir à surpasser un chef-d’œuvre qui, après 24 ans, reste gravé dans la mémoire collective ?
Il faut savoir que mon lien avec le premier Gladiator est très particulier : c’est un film que je considère comme un chef-d’œuvre absolu et que je regarde chaque année, voire plus. Après deux visionnages de cette suite, je pense pouvoir partager mon ressenti.
Avis rapide : Gladiator 2 est un bon film, mais qui souffre d’une histoire bancale et d’une bande-son oubliable, malgré une mise en scène impeccable et un casting solide.
L’histoire : Un héritage compliqué
Le principal problème de Gladiator 2 réside dans son scénario, qui, à mes yeux, est trop marqué par des incohérences et des raccourcis.
Le premier point de discorde : l’idée que Lucius soit présenté comme le fils légitime de Maximus. Ce détail n’apporte rien à l’histoire, et cela dénature même le personnage du héros du premier film. Certes, une relation sous-entendue entre Maximus et Lucilla est suggérée dans le premier opus, mais de là à en faire le père de Lucius, c’est une extension qui semble un peu forcée. En outre, dans le film original, les enfants de Lucilla et de Maximus sont supposés avoir à peu près le même âge, ce qui devient difficile à justifier si l’on considère la chronologie des événements.
Deuxième point : l’effet Star Wars 7.
À la fin du premier Gladiator, Maximus parvient à rendre Rome au Sénat, et son dernier acte est censé permettre l’avènement de la République et de la paix. Or, dans cette suite, on nous montre que tout cela n’a servi à rien. Ce manque de répercussions sur l’histoire globale, cette sensation que la victoire de Maximus était en vain, m’a laissé un goût amer. Un peu comme dans Star Wars 7, où les héros de l’épisode 6 voient leur victoire dissipée dans les événements suivants. Une explication plus détaillée de l’effondrement de la République aurait été la bienvenue, qu’il s’agisse de l’intervention des nouveaux empereurs ou du simple échec de l’idée républicaine.
Une bande-son décevante
Un autre point négatif majeur : la bande-son. Comparée à celle de Hans Zimmer et Lisa Gerrard pour le premier Gladiator, la musique de cette suite tombe à plat. Certes, quelques thèmes du premier film sont repris, mais hormis cela, la bande-son n’a pas su marquer les esprits. C’est dommage, car la musique jouait un rôle primordial dans l’intensité émotionnelle du film original, et ici, elle semble plus en retrait.
Un film qui se reflète dans le premier
Il est aussi frappant de constater que Gladiator 2 reflète énormément le premier film dans ses premiers 60 % : une structure similaire, des dynamiques de personnages familières. Ce parallèle est probablement intentionnel, mais il devient un peu trop évident et aurait mérité un peu plus de prise de risques scénaristiques pour ne pas sembler une redite.
Les points forts : Un casting solide
Cela dit, malgré ces défauts, le film reste un bon divertissement, avec des scènes d’action très bien réalisées et toujours lisibles. Le charisme de Paul Mescal, qui campe Lucius, est à souligner : il réussit à rendre son personnage touchant et crédible. Mais c’est un autre acteur, Denzel Washington, qui vole la vedette. Son interprétation de Macrinus, l’un des nouveaux antagonistes, est une vraie performance, et son charisme domine l’écran. Le duo d’empereurs, incarné par Joseph Quinn et Fred Hechinger, est également un point fort : la dynamique entre les deux est intéressante, et les acteurs livrent de belles prestations.
Mention au personnage campé par Pedro Pascal qui m’a agréablement surpris, bien au-delà de ce que la promotion du film laissait entendre.
Conclusion : Une suite agréable mais inférieure
En résumé, Gladiator 2 est un film qui séduira sans doute les amateurs de grandes scènes de bataille et d’action épique, mais il sera difficile pour les fans du premier film de ne pas être déçus par une histoire bancale et une bande-son oubliable. Même si l’on passe un bon moment devant, il est difficile d’ignorer que cette suite ne pourra jamais égaler l’impact du premier film. On peut d’ailleurs se demander si une suite était réellement nécessaire, et espérer qu’il s’agisse là du dernier chapitre de cette saga.