Roland Emmerich à l'époque de la sortie de Godzilla avait un grand capital de sympathie grâce à Independance Day donc par la suite on lui confia le remake américain du célèbre monstre japonais, ce qui fut pas une si mauvais idée.
Il est possible de faire beaucoup de reproches à ce "Godzilla made in USA" pour son scénario, ses personnages débiles ou encore son message anti-français pro-américain. Mais il demeure malgré tout un bon spectacle. Le réalisateur Roland Emmerich s'impose comme un honnête artisan. Il singe, certes, beaucoup Spielberg dans sa manière de filmer les grosses bébêtes. On a vraiment l'impression d'assister à un "Jurassic Park bis".
Cependant, l'ensemble demeure suffisamment musclé pour susciter l'intérêt des spectateurs friands de démolition massive, de musique symphonique tonitruante et d'effets spéciaux dantesques. Aussi ne va-t-on pas bouder son plaisir. Le cerveau a lui aussi le droit de se reposer.
Car c'est clairement le cinéma de Roland Emmerich auquel on assiste avec Godzilla, celui des blagues vaseuses, des effets spéciaux réussis mais aussi des messages pro-patriotiques. Rien que White House Down, son dernier film en date, le démontre encore. On est pas étonné par ce qu'on voit quand on connaît le réalisateur.
En plus de la patte "Emmerich", il faut admettre que les français passent, dans ce film de monstre, pour des petits farceurs, efficaces pour nettoyer le bordel qu'ils déclenchent, tandis que les américains font du café dégueux et ne pensent qu'aux résultats électoraux du maire alors que la ville est attaquée par un iguane de 100 mètres de long. En combinant tous ces clichés, ils parviennent pourtant à péter la tronche du titan et de sa progéniture. Le scénario reste basique tandis que le jeu des acteurs potables, teinté d'humour, maintient un sourire sur les lèvres pendant toute la durée du film. Un bon divertissement qui ne se prend pas au sérieux et ne vieillit pas beaucoup.