Lorsqu’un modeste chauffeur a l’opportunité de piquer un sac rempli de cash à son patron mafieux, il déclenche une course-poursuite impliquant de nombreux personnages alors que l’orage gronde au loin.
Have a nice day est un étonnant portrait de la « petite » métropole urbaine contemporaine chinoise. Croulant sous le béton, elle forme une drôle de scène pour des protagonistes tous aliénés par le pouvoir de l’argent facile. Argent dont n’a visiblement pas bénéficié Liu Jian, réalisateur ne disposant que de moyens très limités et ayant réalisé ce film de manière quasi autodidacte. L’animation y est donc minimaliste, sobre et tranchée, diffusant ainsi un ton sarcastique et distant sur la narration. Le spectateur est comme plongé dans un roman noir illustré, proche de la bande-dessinée. Le rapprochement avec les films de Tarantino ou des frères Coen est évident, parfois un peu trop, mais au-delà de ces références appuyées, le film dégage un portrait cynique et incommodant d’un drôle de monde rongé par sa superficialité, sa violence et sa vulgarité. Après avoir été projeté en compétition officielle à Berlin en 2017, le film été déprogrammé du festival d’animation d’Annecy de cette même année, privé d’une autorisation de sortie de la part des autorités chinoises. N’y aurait-il que la vérité qui blesse ? Heureusement, il a pu y être projeté en 2018 hors-compétition.