Tiré du manga éponyme, dont l'auteur est Hideo Yamamoto, Homunculus est l'histoire d'une expérience. Celle d'un ancien salaryman devenu ans domicile fixe et qui accepte, pour payer la mise en fourrière de sa voiture, son seul lieu de vie, de subir une trépanation, c'est-à-dire un trou dans la tête. Cependant, il va développer une compétence particulière qui est de voir les souffrances et traumatismes des gens en se cachant l’œil droit.
Le souvenir de la lecture du mange, du moins ses premiers volumes, est assez lointain, mais Takashi Shimizu (le créateur de la sage Ju-On) s'en tire avec les honneurs, car il réussit à en rendre fidèle sa bizarrerie, notamment tout ce que voit ce personnage, très bien joué par Gô Ayano, grâce à la magie des effets spéciaux, qui rappellent dans l'esprit l'effet bricolé de Michel Gondry. Je pense par exemple à la première rencontre qu'il va faire, avec un Yakuza, en qui il voit un robot, et cette image va réveiller chez ce type un souvenir d'enfance.
L'adaptation est à ce point identique, ou presque, que la fameuse scène polémique, à base de viol, y est là aussi, même si elle est encore dérangeante. La mise en scène de Shimizu est assez réussie, y compris dans le traitement de l'image, mais c'est également la vision d'un Tokyo quasi désertique, signe d'un tournage à l'ère du Covid, qui marque les esprits, car il y a assez peu de monde à l'écran.
Je ne recommanderais pas le film à tout le monde, car c'est assez barré, mais au bout du compte, on finit par raccrocher les wagons du fait de cet étrangeté, où tout est du point de vue de cet trépané, dont le pouvoir va peu à peu l'encombrer.