On va pas se le cacher, Blumhouse ressemble de plus en plus à Marvel au fil des années. Si ses premières productions arrivaient sans grand effort à susciter l'intérêt du public et apporter toujours plus de matière à l'horreur au cinéma (Insidious, Sinister, et j'ai envie d'inclure les Conjuring qui sont dans la même veine), ce n'est plus trop le cas maintenant, et c'est même de pire en pire. Imaginary en témoigne, et c'est fort dommage puisqu'il a un réel potentiel, contrairement à un Paranormal activity qui a fait le tour de son concept en un seul film (donc les suivants sont barbants).
Passons l'intro qui est vue et revue (déménagement, famille recomposée, grande sœur chiante et petite sœur flippante, etc etc), et qui souffre d'un rythme assez lent. D'aucuns diront que c'est pour installer son ambiance, et effectivement une atmosphère glauque se pose tout doucement, mais presque trop doucement. On fait languir le spectateur sur l'ami imaginaire en lui faisant se demander s'il est réel ou non (alors qu'on a vu les bandes annonces, on sait qu'il y aura un gros ours tout baveux à un moment), et ce pendant trois bons quarts d'heure.
Puis une sorte de plot twist intervient, et le film accélère, mais un tout petit peu. On étoffe le concept d'ami imaginaire en lui inventant un monde parallèle, lieu où disparaitraient les enfants après avoir écouté leur peluche qui parle, lieu qui prend forme grâce à leur imagination. Un bon concept, direz-vous ! Un monde parallèle où la physique ne s'applique pas, aux possibilités infinies et ayant son propre temps et son propre espace, c'est du pain béni pour cinéaste ambitieux, n'est-ce pas ! N'est-ce pas ? ...n'est-ce pas ?
Eh bien non. Le film a autant de potentiel qu'il manque d'ambition et ne va pas plus loin que son concept. L'ami imaginaire est en fait méchant (quelle surprise) parce que voilà quoi. Son monde est une sorte de réseau de couloirs dont le plafond est en nuage, le sol est en carreaux blancs et noirs et les portes sont de vieilles portes de bois toutes fermées (pfoulala, imaginer où elles pourraient mener c'était trop dur). Il est censé capturer les enfants du monde entier (c'est ce que j'ai compris en tout cas), mais on en voit pas l'ombre d'un seul. Mais ça peut peut-être s'expliquer par le fait que question puissance, il est moins fort qu'une petite fille, sa grande sœur et sa belle-mère réunie. C'est censé être un monstre extra-dimensionnel, y'avait pas moyen de le rendre un peu plus dangereux ?
En fait, j'ai eu l'impression de regarder un Sinister fortement édulcoré, pour pas choquer le public, mais eh ! c'est un film d'horreur, c'est fait pour ça justement ! Pourquoi les productions horrifiques sont si timorées dernièrement ?
Pourquoi est-ce qu'on a l'impression que ceux qui sont terrifiés par le film, ce sont les producteurs et non les spectateurs ?
C'est pas censé être l'inverse ?