J'aurais dû m'en douter... Mais tout est de ma faute, je ne me suis pas fait assez confiance. Pas assez confiance en mes sensations. En fait, je ne me souvenais plus vraiment de ce que j'avais précisément ressenti devant Inception. Il me restait quelques vagues vapeurs de déception interstellaire, mais je ne voulais pas rester sur ça. Je me suis dit : "donne lui une seconde chance, peut-être que l'apparente profondeur sera, pour une fois, VRAIMENT profonde ?". Ahahah. Quel abruti je suis. Devant Interstellar, tout m'est revenu : ennui, fous rires, consternation, malaises cinématographiques, envie de partir de la salle en courant.
En gros, c'est une bouse intersidérale sidérante. Ma copine et moi avons passé la moitié du film à rire. On jouait à qui allait le mieux anticiper le prochain dialogue. "Attends, attends, regarde là il va sortir une montre !". Ahahah c'est tellement fun ! Ce film est une gigantesque insulte à 2001 Odyssée de l'Espace. Déjà par la reprise du fameux son de trompette ("Ainsi parlait Zaratustra" de Strauss) un peu partout dans le film, sauf que bon, on va juste prendre la première note, étirée à l'infini. Faut pas déconner. Quitte à faire de la m****, autant aller jusqu'au bout. Puis aussi, reprendre de temps en temps les mêmes moments de silence intergalactique de 2001, avec les plans sur l'extérieur du vaisseau en rotation. Ce Nolan est finalement très doué pour prendre le spectateur pour une tête d'endive avec ses ellipses à mourir de rire et ses incohérences absolument hallucinantes. Il vous embrouille avec des théories fumeuses et surtout extrêmement creuses, qu'il vend comme étant vachement compliquées et Ô COMBIEN profondes, mais en réalité il n'en est rien. Non non, ne cherchez pas, il n'y a RIEN à comprendre. Ce n'est jamais qu'agglutinement de termes qui n'ont aucun rapport entre eux. "Mais c'est l'amour ! Tu comprends pas ? L'amour ! Le trou noir ! Les livres ! Ma fille ! Mais oui ! La gravité ! La solution c'est l'amour ! L'équation de la gravité c'est l'amour !". Des têtes d'endive j'vous dis ! On frise Plus Belle la Vie dans le niveau des dialogues, et encore je suis sympa, Plus Belle la Vie peut avoir le mérite de détendre après une journée de boulot.
J'y suis allé car je suis passionné par toutes les énigmes auxquelles veulent répondre les sciences modernes. Je m'attendais à me prendre une gigantesque claque visuelle avec cet énorme trou noir, ces mondes inexplorés. Je me doutais que niveau scénario on allait voler au niveau des jonquilles et que les incohérences scientifiques allaient être nombreuses, mais à ce point... J'en rigole encore, pour être tout à fait sincère.
Bref vous l'aurez compris : je suis consterné. Rien ne tient debout dans ce film. Rien. Absolument rien. Matthew McConaghey est bien sympa, mais il tourne en rond avec son air de chien battu et son ton monocorde. C'est dommage, parce que j'apprécie énormément l'acteur (il m'avait subjugué dans True Detective, Mud et Dallas Buyers Club). Quel navet !