On poursuit le cycle « pizza, bière, Jésus » dont c’est la deuxième étape après l’âpreté de l’Évangile selon St-Matthieu. Changement d’ambiance mais la première étape était salutaire pour un mécréant comme moi, question de références. Il s’agit ici de l’adaptation de la comédie musicale sur scène qui est elle-même l’adaptation du concept-album du même nom.


Dans un paysage désertique, des comédiens débarquent en car avec leurs airs de hippies des familles. Ni une, ni deux, ils se mettent à danser et à chanter l’Évangile. L’histoire qu’ils racontent est celle des derniers jours du Christ et celle de sa relation avec les apôtres, Marie-Madeleine, le pouvoir local.


À vrai dire, je ne m’y attendais pas. À la fois grandiose et minimaliste, le film ne renie rien. Ainsi, il clame sa condition d’adaptation d’une œuvre scénique en mettant en scène la troupe de danseurs et chanteurs sur une scène très élargie. Le décor est justement un des grands points forts du film. Tourné en Palestine et en Israël, sur les rives de la mer Morte, le film montre des paysages grandioses qui vaudraient à eux-seuls le visionnage du film, même par ceux qui seraient allergiques aux bondieuseries. L’ambition saute aux yeux lors de ces zooms out très spectaculaires. Au milieu de tout ça, les scènes chorégraphiées sont convaincantes et dynamiques. Les costumes sont clairement la part moderne du projet, entre une population qui viendrait de San Francisco et des pharisiens mi-SM, mi-JP Gautier. Ça donne à certaines scènes un humour franchement décalé, voire très irrévérencieux (la scène d’Hérode est totalement WTF). Du côté de l’intrigue, celle-ci est appuyée par des paroles inspirées et bien écrites (vu en VO et d’ailleurs, les ST peuvent dérouter un peu donc il vaut mieux les ignorer quand c’est possible). Une place importante est donnée au personnage de Judas, presque plus qu’à celui de Jésus. Il exprime les doutes et les regrets dans des scènes assez poignantes. De même, Marie-Madeleine (appelée ici Mary, à ne pas confondre donc) est un personnage résolument en lutte et pour un peu, on y verrait une touche de féminisme. Enfin, la plèbe est décrite comme profondément hostile à Jésus et principale responsable de sa mort. Le film semble alors dire que Jésus n’avait pas l’influence qu’on lui prêterait. D’ailleurs, Pilate se montre plus magnanime qu’à l’habitude.


En bref, très belle surprise pop foutraque. C’est clairement un objet filmique qu’on ne produirait pas aujourd’hui pour pas mal de raisons. Et c’est une raison de plus pour célébrer la liberté d’un cinéma d’alors qui n’avait pas peur de grand-chose. Fortement conseillé donc !


>>> La scène qu’on retiendra ? Outre certaines chansons très chouettes, il y a CETTE scène avec Hérode. Mon Dieu.

Konika0
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le 8 mars 2025

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