Film très attendu, Joker est un film sombre, aux reflets bistre, une odeur de charogne dans un Gotham brûlé à différents degrés. Malheureusement, comme pour tous les films très attendus, un mouvement de foule, une pression aussi de foule. Le Joker est un film indépendant dans cela qu'il s'équivaut à lui même et que l'on peut le voir sans avoir pour projet de regarder Batman ou sans en connaître la mythologie avant propos ; il est aussi indépendant dans son allure (avis subjectif sur l'esthétique) les couleurs, les lumières, la musique, j'ai eu l'impression d'un pas sur le côté, une sorte de pied de nez comme l'a été le dernier Logan. Seulement, ce pas, s'avère n'être qu'un pas de bourré, la danse à trop être inspirée n'en est pas inspirante. Film immersif dès les premières minutes, Joker invite dans les bas fond de Gotham et de l'être, seulement trop souvent il nous prend par la main et quand il la lâche, l'iconographie, les messages, les allégories, tout ça sonne faux. J'ai adoré l'image, ainsi que l'acteur et c'est pour cela qu'il a la moyenne et même là je suis la hype. Le Joker est tout sauf le Joker, enlevé lui le titre, le maquillage, l'acteur vedette et vous avez un film qui n'aurait pas fait grand bruit. Alors oui tout n'est que convenances, le personnage lui même n'est que ça, il est la pauvre victime, le souffrant, le souffrant double, triple même, psychiquement, physiquement et moralement. Le public se dresse avec lui contre les instruments de sa colère, le publique comprend le Joker et je trouve ça malheureux car pour moi, l'image du Joker est impénétrable, intangible, sa folie ne s'élève pas, elle hurle. Le personnage ici est trop distant, de par ses troubles mentaux et son attitude enfantine il est impossible de l'apprécier sincèrement, mais au moins, on le comprend. Le Joker ici n'est pas un héro au sens tragique ni un vilain, il est seulement un homme simple avec une certaine condition, ainsi on cherche à le rapprocher de nous, mais il reste hors de portée, et ainsi on cherche à le rapprocher du peuple dans le film mais le Joker ne se bat pas pour eux, il se bat pour lui et ça, je ne peux dire que du bien car je suis d'accord mais alors pourquoi la lutte des classes, pourquoi la figure du messie descendu de la croix et posé sur la voiture, tout s'égare et rien ne fait sens, la critique sociale est pompeuse, répétée. Le monde des bisounours dans gta, les méchants, les gentils, les bullies, les victimes, à vouloir faire de l'anti-manichéen tout le devient. Les riches sont des cons, les pauvres des opprimés qui s'expriment par violence malheureusement. L'handicap du rire comme trauma des sévices passés et comme métaphore des pleurs d'accord mais c'est poussé au fond de la gorge.
Une fois encore si c'est pas la mort du pote noir, c'est la mort/fin du rêve du personnage féminin qui est catalyseur, deux persos féminins morts pour le prix d'une. (perso je crois pas qu'il ai tué la fille)
Un moment donné je crois le Joker ou quelqu'un dit, la phrase "there is a method to my madness" mais NON ! il n'a aucune méthode rien, que du flan, son plan sur le plateau est la seule chose qu'il pense, il n'y réfléchit pas vraiment, pas de plan A ou plan B. après si c'est une lecture disant qu'il y a une cause à sa folie... vraiment un truc de comptoir....
Je vois aussi le constant rappel au principe de folie et de sanité d'esprit, j'ai eu l'impression d'un danse en regardant le film et d'ailleur, le personnage danse beaucoup et à chaque fois dans ma tête je ne pouvais cesser d'entendre la chanson d'Edith Piaf : La Foule et jugez par vous mêmes mais les paroles se reflètent sur la musique et en vrai, quel plaisir.
Je revois la ville en fête et en délire
Suffoquant sous le soleil et sous la joie
Et j'entends dans la musique les cris, les rires
Qui éclatent et rebondissent autour de moi
Et perdue parmi ces gens qui me bousculent
Étourdie, désemparée, je reste là
Il y a aussi cette phrase, connue de tonton Nietzsche : “And those who were seen dancing were thought to be insane by those who could not hear the music.” et c'est exactement le propos du film à mon humble avis, seulement, le tout est trop gélatineux, trop moralisateur, trop expiateur, une leçon de morale sur tu aimeras ton prochain, sur la violence des mots et de comment on traite les autres ( autant regarder Glee en plus ils y dansent mieux)
En bref j'ai passé un bon moment, il m'en faut beaucoup pour ne pas aimer un film et surtout j'aime la violence au cinéma, le sang et la poésie dans une boîte à musique. Mais rien, rien de provoqué, rien d'acté, rien n'en restera et comme sur l'affiche du panneau, tout (va) doit disparaitre. Bon je suis un peu dure à cause de la hype.