Énième exemple d'un cinéma très convenu qui ne raconte pas grand chose, tout ne se prenant pour un énième film d'auteur qui raconte/dénonce trop de trucs. Pourtant j'y allais avec de bonnes intentions...
Le premier symptome qui m'a sauté aux yeux, c'est à quel point ce film est pudique, incapable de se laisser aller, de montrer plutôt que de dire. Et cette pudeur est extrêmement esthétisée. Peut-être que c'est une métaphore de la pudeur globale de l'époque, on est pas encore à la libération sexuelle des années 70, et c'est même dit dans le film, que "tout le monde y pense mais personne ne le fait..." sauf que si c'est voulu je m'en fous pas mal, je veux voir des moments de vrais, pas des acteurs qui récitent (souvent, la récitation saute aux yeux, peut-être que c'est pour coller au texte mais à un moment il faudra s'émanciper et faire un film). C'est peut-être une pudeur liée au regard féminin, la réalisatrice semble ne pas vouloir sexualiser ses personnages, ce qui ne serait pas tant un problème sans le second symptome ;
Le deuxième symptome, c'est cette volonté de faire dans ce cinéma naturaliste, filmer des séquences de la vie réelle, du quotidien... Le truc c'est qu'on sort tellement peu des axes convenus du film que cette réalité semble hyper factice, on ne croit pas aux personnages, on accepte juste que ceux-ci ont des rôles
- Le prof sympa
- Les parents
- Les amis
- Le garçon de la promo qu'elle connait
- Le gars qui l'a mise enceinte
à aucun moment on ne ressent une quelconque alchimie entre les personnages et c'est là la grande plaie du film, incapable de faire exister ses situations et ses personnages. C'est quand même hyper chiant, alors si on rajoute à ça la pudeur nauséabonde...
(je suis mauvaise langue, ya un passage absolument inutile dans la chambre CROUS de la meuf, avec une taie d'oreiller, ça n'apporte rien, ça sort de nulle part, et ptn personne fait ça devant ses potes)
Cependant, petite nuance, le sujet sauve mon intérêt pour le film, ça semble bien documenté sur le parcours du combattant pour pouvoir avorter dans les années 60, m'enfin, ça reste décevant.
On est vraiment dans une dérive du cinoche que dénonçait Pialat, par pitié Maurice, délivres nous du mal !