Le film n'est pas constitué par une véritable intrigue; il s'agit avant tout d'une galerie de portraits de figures extravagantes, sans liens tangibles entre eux, qui ne font guère que se croiser, mais tous accablés par les turpitudes et vicissitudes de la vie.
Un VRP pas très intègre, un restaurateur grec, un vieux marchand de journaux et, avec l'écharpe représentant un ibis rouge,
un fonctionnaire étrangleur de femmes.
Tous sont dangereux ou indélicats et rêvent d'un ailleurs. Pour autant, leurs actes n'en paraissent pas moins assez obscurs, si ce n'est peut-être que Jean-Pierre Mocky leur prête une intention satirique à propos d'une société languissante.
En réalité, la comédie -c'en est une- déconcerte par l'absence d'un récit structuré et les comportements singuliers des personnages. Chacun poursuit sont but, sa chimère ou son fantasme, inaccessible. On décèle pourtant dans le quartier parisien où ils sont confinés une forme de poésie de la rue, une douce folie qui fait l'originalité du film, perpétuent le style du cinéaste mais, malheureusement, laissent indifférent.