Un film "coup de poing" très moderne de Larry Peerce dans ce cinéma américain des années 60 alors que le Nouvel Hollywood n'en était qu'à ses balbutiements. Le film s'ouvre sur la présentation de deux racailles du Bronx complètement alcoolisé qui terrorisent plusieurs personnes avant de prendre le métro ou ils vont continuer à agresser les occupants d'une rame ce qui sera l'Incident du titre. Le scénario prend son temps avant d'en venir à l'incident en question, nous présentant la quinzaine de protagonistes de ce faits divers, portraitisant ainsi la vie noctambule de New York (l'action se déroulant à trois heures du matin un dimanche) avec des couples revenant de soirée, des piliers de bars, des jeunes amoureux et des militaires en permission, etc. Évidemment la partie la plus intéressante est celle de l'agression dans le train, même si en fait il s'agit d'agression verbal et d'harcèlement car il n'y a que très peu de contacts physiques. Le film met l'accent certes sur la violence urbaine des ces années 60 dans les grands cités américaines, sur la sociopathie de certaines personnes mais surtout sur la lâcheté humaine car dans un premier temps les deux agresseurs ne s'en prennent qu'à un clochard ivre mort puis un homosexuel pour ensuite passer au couple afro-américain pour ainsi dire sans qu'aucun de réagissent, il y a comme une progression sociale qui atteint son paroxysme avec la famille avec une petite fille. Des détails clochent un peu dans les portraits, notamment des deux salauds auxquels il n'est pas évident de croire à 100%, dans la réalité l'agression aurait durer moins longtemps mais cette longueur peut se comprendre scénaristiquement parlant. Peerce profite un max des lieux de tournages, c'est sordide, misanthrope et nocturne.