Une comédie méconnue de Frank Capra, précédant de peu ses grands succès mais d’une qualité pratiquement égale à ces derniers. Un journaliste (personnage récurrent chez l’auteur) devient un « Cinderella Man » en épousant une mondaine dont il s’est entiché. Après de multiples rebondissements, chacun reprendra sa place. On apprécie le rythme nerveux de cette comédie endiablée du début à la fin. Les deux actrices rivales ont des plastiques très différentes et on ne peut que constater combien les critères de la beauté féminine ont évolué depuis quatre-vingts ans. De nos jours, les charmes arrondis et amollis de Jean Harlow n’auraient guère de succès face à ceux nettement plus acidulés et modernes avant l’heure de Loretta Young. Au rayon interprétation, signalons une révélation, celle de Robert Williams, mort quelques mois après la fin du tournage d’une mauvaise infection (dans une époque sans antibiotiques, cela pardonnait rarement !) Dans le rôle du petit journaliste aux réparties acérées qui mange bientôt dans la main de sa femme avant de se reprendre de justesse au dernier round, il est tout bonnement fantastique. On peut même avancer qu’il se montre l’égal des Clark Gable, Gary Cooper ou James Stewart tout en représentant un genre de comédien original et qui ne sera jamais remplacé. Pour finir dans ce chapitre, distinguons Hallewell Hobbes, fameux dans le rôle du Butler … Une bonne satire sociale et une super comédie américaine !