C'est difficile de se relever de spectacles comme RAID Dingue... En tant que spectateur. Dur de se remettre de tant de gêne, de tant de consternation par instant. Une telle non comédie laisse des traces, à coup sûr, voire des séquelles.
Heureusement, La Ch'tite Famille se hisse bien au dessus de ce précédent opus de sinistre mémoire. Même si, avouons-le, ce n'était pas bien compliqué.
Pour autant, on est loin de la renaissance, de la formule à nouveau gagnante initiée par Bienvenue Chez les Ch'tis, après laquelle il est évident que Dany Boon court aujourd'hui en revenant à ce qui en a fait un comédien/réalisateur/scénariste phénomène.
Sauf que La Ch'tite Famille, c'est pas encore ça non plus, à vrai dire.
Car la tendresse de l'opus original portée sur ce qu'il dépeint n'y est plus, ou alors, par seule coïncidence. Parce que la caricature, aujourd'hui, ne passe tout simplement plus. Certains aspects en sont même parfois à la limite du désolant, tant les poncifs nordistes sont ici appuyés, lourds et affligeants. Au point que l'idiome en devient une langue étrangère en mode Babel.com, pratiquée par des abrutis vulgos et sans gêne avec trois mots de vocabulaire, sortis d'une région d'un autre âge qui fleure bon les gogues au fond du jardin, dans la cabane du même nom. Les outrances sont légions, le rire rare et très peu inspiré. La façon dont on dresse le portrait du ch'ti est souvent désolante. Mais bon, à force, on en prend le parti, car finalement, ce n'est pas grave, ce n'est que la province...
Quel dommage, car le film marche en mode alternatif de manière assez cruelle, passant en permanence du plus bas à certains sursauts qui, mieux écrits ou exploités, auraient pu littéralement enthousiasmer, comme le running gag sur le design de chaises ou certaines attitudes des sphères intellectuelles hantant les expos et autres conférences de presse.
D'autant plus que certains acteurs effectuent un abattage à saluer, comme Valérie Bonneton. Mais c'est surtout la jolie Laurence Arné qui s'illustre, dans le seul rôle un peu nuancé, dans une composition souvent feutrée, à quelques exceptions près, et parfois touchante dans ce qu'elle tente de reconstruire de sa relation amoureuse, même si elle chante, en fin de parcours, une célèbre pub Ajax des années 80...
Je m'attendais à bien pire que le spectacle auquel j'ai assisté, pour tout vous dire. Si La Ch'tite Famille se révèle insuffisant dans le registre comique, genre pour lequel le spectateur, après tout, paie sa place, elle réservera cependant quelques petits moments autres, touchants et parfois bien vus dans l'univers parisien qu'il brocarde sans nuance.
A moins que, à en juger par les rires qui ont parfois émaillés la séance, le masqué soit devenu une saleté de pisse-vinaigre encore pire que ceux qu'il dénonce à longueur d'avis over pétés...
Behind_the_Mask, qui parle le ch'ti comme une vache espagnole.