Sexe, Sang, Peste et Poésie
Voici une de ces petites merveilles passées à la trappe des chaines de tv. Il faut donc aller le chercher ou attendre qu'une bonne âme veuille bien vous expliquer pourquoi faut-il voir ce film ; ça tombe bien, je suis libre ce matin.
Nous voici donc parti sur les routes ensanglantées de l'Italie du nord en ce XVIè siècle fascinant. Tandis que l'Eglise commence à se convulser et à glisser vers une forme de déclin, au regard de son emprise sur les sociétés depuis la fin de l'Empire Romain face au mouvement de la Renaissance et tous les bouleversements qui en découle, (fichtre, elle est tellement longue et lourde cette phrase que je ne vais pas la retoucher : collector), la guerre et divers fléaux aussi sympas que la Peste et une forme d'anarchie, le magistral Rutger Hauer trimbale sa troupe au rythme des contrats de mercenaire.
Et là, tout bascule : une troupe qui éviscère à tour de bras, en cherchant à éviter la peste avec des moyens de moins en moins catholiques, une belle princesse qui découvre le sexe, via le viol, et qui finalement aime ça (je parle du sexe), un jeune illuminé qui pense trouver dans les manuels antiques et autres lectures de de Vinci des armes pour reconquérir sa belle. Du sexe donc, du sang, de la sueur. On peut presque sentir l'odeur fétide qui embrasse ce grand film. Une œuvre rare, puissante, envoûtante.
Jennifer Jason Leigh est superbe de fausse candeur, Rutger Hauer est égal à lui même, grandiose : il faut voir ce film porté par un Vehoeven des grands jours (quand je pense qu'il a pu pondre par la suite Showgirls ^^U).