Ce qui est cool avec ce film, c’est que l’on est face à un film très complet. C’est assez rare de tombé sur un film aussi fort que celui-ci. Certainement parce qu’il en sort peu qui ont l’érudition et le budget réunis.
Je pense que film se résume, comme d’autres l’auront déjà fait avant moi, par cette idée ; que l’os à moelle c’est normal de ne pas aimé étant jeune. Il faut pratiquer, travailler son goût. Puis seulement on pourra aimer ce que l’on prenait pour défaillant.
Il en est de même pour le cinéma. Il faut avoir vu bien des films pour réussir à aimer ce qui est bon. Et ce film s’inscrit peut-être dans le sillage de cette maturité. Sur AlloCiné, on remarquera que ça n’a pas convaincu, d’avantage sur Sens-Critique. Pourquoi donc ? Mon hypothèse. Le manque d’expérience, ou la misomusie de ceux qui constitue le public d’AlloCiné. Pourtant la saveur de ce film est tout à fait évidente.
Je suis souvent émue en regardant un film. Cette fois si plus que d’habitude.
Ce que ce film donne, c’est beaucoup de beauté. Enormément de valeur à la force évocatrice de l’image. Les mots alambiqués de Magimel s’opposent aux phrases concises de Binoche. Bien sûr cela traduit leur caractère, Eugénie n’a rien à prouver, elle ne demande pas le mariage, ne s’en fiche pas mais ne s’en embarrasse pas. Dodin, lui, en fait beaucoup. Il coure tout le temps derrière quelque chose. Et pour mettre d’avantage Eugénie en valeur il ne propose pas un menu au prince qui lui ressemble, il fait le choix de la simplicité. Il se sacrifie derrière la simplicité appartenant à celle qu’il aime. Eugénie n’a pas besoin de savoir comment l’on a inventé ce machin ou ce truc meringué. Elle le fait, et c’est tout ce qu’il lui faut. Quelqu’un de droit de manifestement séduisante.
Je me mouille pour dire que l’on est face à un grand film.