Bluffant pour un premier long-métrage. Du grand art. Scénario original impeccable (3 ans environ pour l'écriture), c'est également une claque esthétique ; la manière de filmer les silences, les éléments du décor avec poésie, c'est tout simplement sublime.
Pour contextualiser : Une mère décide soudainement de quitter sa famille sans raison apparente. Son comportement sous-entend son départ imminent. (Lola Duenas est sensuelle et mystérieuse à souhait dans ce rôle). Son mari (joué par un Torreton sensible) perd totalement ses repères, obligé cependant de garder la face devant sa fille et son fils adoptif. Il refuse que le village et le reste de sa famille apprennent qu'elle est partie. C'est une quête trouble pour tenter de comprendre le pourquoi du comment. Il n'abandonne pas l'espoir que sa femme revienne et que tout rentre dans l'ordre.
C'est presque un huis-clos resserré sur la famille. Certaines scènes sont émotionnellement intenses tant par les dialogues que les silences. La relation père-fille est terrifiante de vérité. Le jeu des acteurs est en retenu, mais on devine une violence physique derrière les mots et la gestuelle. Le film est placé sous le signe de la mélancolie. Il y a une pesanteur dramatique insérée dans la banalité du quotidien.
J'ai eu la chance d'assister à l'avant-première à Metz et de rencontrer Philippe Torreton et Nicolas Birkenstock, jeune réalisateur messin. Du pur bonheur. Cela fait longtemps que je n'ai pas autant apprécié un film français d'une rare qualité. Un grand bravo !
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