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"Salauds de pauvres !"
La traversée de Paris est une tromperie, un film-piège. La présence au générique de trois monstres sacrés des comédies, Jean Gabin (Grandgil), Bourvil (Marcel Martin) et Louis de Funès ; qui...
le 6 janv. 2017
On est sous l'Occupation en 1942 à Paris, des images d'archives authentiques témoignent de la présence de l'armée allemande. La population manque de nourriture; le film dévoile le fonctionnement du marché noir et pointe du doigt les personnes qui en profitent pour s'enrichir, mais aussi celles qui y participent pour survivre. Ainsi Marcel Martin, chauffeur de Taxi au chômage, survit en livrant des denrées alimentaires de contrebande issues du marché noir.
Bourvil sort ici de ses rôles habituels comiques mais garde maladroitement des intonations bourvilesques malvenues. Alors que le convoyage de quatre valises de cochon découpé demanderait confiance, loyauté et discrétion, Martin propose "l'affaire" à Grandgil (Jean Gabin), un énigmatique personnage rencontré dans un bar.
Louis de Funès, alors cantonné aux seconds rôles, interprète Jambier, l'épicier qui découpera le cochon, et sera au centre de la scène mémorable de la cave: Grandgil y dévoile sa violence et éructe sa colère: "J’veux deux mille francs, nom de Dieu, Jambier ! Jambier, 45 rue Poliveau !"
Cette "Traversée de Paris" se déroule de nuit, le noir et blanc souligne le couvre-feu et son interdiction de circuler; elle renforce aussi l'idée inquiétante de ne pas se faire voir de la police française ou des patrouilles allemandes, entre obscurité, ombres et lumières des réverbères.
Lors de cette marche forcée nocturne, Martin découvre que Grandgil parle allemand à réciter un poème d'Heinrich Heine, qu'il n'est pas peintre en bâtiment mais un artiste peintre renommé et aisé. Ainsi il n'est pas dans le besoin, et avoue à Martin avoir accepté le job par curiosité et défi de l'Occupation. L'opposition de classe sociale de Grandgil se révèle, dans les échanges avec Martin le chômeur, dans sa violence face à l'épicier Jambier, dans l'acte de frapper le policier, d'éconduire la femme qui les a cachés dans l'entrée de l'immeuble. Le sommum de ce mépris intervient dans un bistrot où se cachant de la police, il humilie les bistrotiers et les clients inactifs, clôturant sa tirade d'insultes par un terrible "salauds de pauvres!" Comme si les pauvres l'étaient par leur faute, par lâcheté, manque de volonté, par égoïsme ou méfiance.
Le duo sera arrêté par une patrouille allemande,hurlant et vociférant devant la boucherie de Marchandot, le destinataire des colis.
Enfin des images d'archives annoncent La Libération; on découvre que Martin est n'est pas mort suite à son arrestation, il est [toujours] porteur des valises, mais à la gare de Lyon. La fin du film, bien différente de la nouvelle de Marcel Aymé, est peu habile, Martin sur le quai revoit brièvement Grandgil qui le salue à la fenêtre du train qui s'éloigne.
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le 2 avr. 2025
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