Ça démarre plutôt bien. Traîter de l'alcoolisme de façon frontal mais san trop de mélodrame. Voilà une bonne idée. Evidemment c'est un peu étrange d'avoir en guise d'objectif principal : vaincre l'alcoolisme. Mais après tout pourquoi pas ?
Le problème c'est que sous cette apparente froideur, le mélodrame et le misérabilisme se cachent pour surgir de temps à autres. Ça devient même violent quand le héros raconte son passé, comme si les scénaristes s'étaient dits : il s'est tu tout le film, c'est le moment de déballer tous les violons pour conquérir le public. D'ailleurs c'est bien simple, l'évolution du personnage se fait sans que des conflits ne se résolvent. Comme s'il suffisait d'entrer en institution pour guérir. Le film est donc très contemplatif et l'auteur préfère la dépression des personnages à leur combat réel de tous les instants. Et finalement l'aspect documentaire ne semble plus être qu'un artifice pour faire croire que c'est réel et sérieux. Pourtant ons ent que c'est documenté, la façon dont les sessions se déroulent en sont la preuve. Mais ça manque de dramaturgie tout ça. Même un vrai docu montrerait davtanage du combat.
La mise en scène est assez juste pour le sujet. On évite les violons et les gros plans larmoyant. Les acteurs n'en font pas trop, ils sont dans la retenue et c'est tant mieux. La déconstruction temporelle ne sert pas à grand chose, surtout si on a vu la bande annonce avant... Un effet gratuit pour construire de la surprise, en vain.
Bref, "Le dernier pour la route" tente de traîter de l'alcoolisme sans fioriture, mais échoue ; en effet, si l'on n'entend pas les violons ils sont bel et bien présent au travers des situations (le crachat de sang c'était un peu gratuit à ce stade du film, ça m'a juste fait rire) et des dialogues (le déballage du héros à la fin est purement empathique, c'est misérable). Heureusement le casting et le chef op' sauvent un peu les pots.