Larry Fessenden est plus connu pour sa ressemblance avec Jack Nicholson que pour sa carrière de réalisateur. Pourtant il a proposé quelques idées sympathiques et est une figure marquante du cinéma d'horreur indépendant.
No telling est un film coup de poing. En 1991, le bougre propose déjà un film engagé écolo et même veagan j'ai envie de dire, parce que tout l'aspect horrifique du film vient de la souffrance infligée aux animaux de la part des hommes, que ce soit pour manger un steak, abriter une souris dans une cage ou, pire que tout, commettre d'horribles expérimentations sur eux, en les maintenant vivants le plus longtemps possibles bien sûr, sinon c'est moins rigolo.
Les personnages sont bien écrits, bien exploités. Les péripéties sont bien amenées et les résolutions sont cohérentes. Les auteurs s'amusent à bien approfondir les situations, y compris celles qui pourraient être anodines, ce qui donne plus de profondeur aux personnages aussi. Le film accuse quelques coups de mou car le scénario reste assez simple, avec peu de retournements de situation et donc pas assez de scènes fortes, mais ce qui est proposé est bien écrit.
La mise en scène est particulière, avec des mouvements de caméra incongrus, et une bande son des plus inquiétante ; tout cela participe d'une ambiance horrifique, sauf que l'horreur est longtemps repoussées : on sait qu'il y a quelque chose mais on ne sait pas quoi, ou alors on sait mais on suppose que ça ira plus loin, que ça tournera à l'expérimentation humaine ou au zombie animal fou tueur... mais non, c'est juste de la cruauté animale avec un personnage masculin antagoniste assez horrible dans le fait qu'il ne se rend même pas compte des choses horribles qu'il fait (un méchant qui s'ignore).
Les effets spéciaux sont plutôt réussis ; je me suis d'ailleurs demandé avec les premiers rongeurs torturés s'il s'agissait de vrais ; la créature finale, boh on se doute qu'elle est fausse, mais ça fonctionne quand même, les mouvements bizarres sont logiques vu que l'animal vit grâce à l'électricité, on peut comprendre que ses mouvements soient un peu saccadés. Et puis Larry joue bien avec sa caméra, à la manière de Spielberg qui évite de trop en montrer quand il tourne son film de requin.
Le casting est également convaincant : les acteurs jouent la peur mais ils savent aussi délivrer de longs dialogues, créer une alchimie entre leurs personnages. Les décors aident beaucoup, cette maison est bien choisie. La BO passe bien aussi.
Bref chouette, film d'horreur.