Depuis toute petite, j’ai une tendresse particulière envers « Les Fugitifs ». À l’époque où Gérard Depardieu était (encore) un grand acteur et où Pierre Richard jouait déjà depuis un bon moment le maladroit de service, la rencontre improbable des deux acteurs aura déjà donné naissance à deux autres films réalisés par Francis Veber (cf. plus haut). « Les Fugitifs » sera le troisième et dernier, réunissant le duo de choc improbable.
Jeanne est également une petite fille extrêmement touchante, qu’on a envie de protéger. Impeccablement interprétée par la toute jeune Anaïs Bret, qui n’a pas poursuivi une pourtant prometteuse carrière de comédienne. Lorsque Lucas va leur dire qu’il ne restera pas avec eux, elle s’enfuira, recueillie par la Police et amenée à l’Assistance Publique. Redevenue muette et ne s’alimentant plus, Lucas va lui rendre visite, et ce moment où il va la voir et lui amène un singe en peluche, est extrêmement touchant. Également, la scène où Lucas s’échappe de chez le vétérinaire qui lui a soigné sa blessure, dort dans un « squat » de fortune et est rejoint par Jeanne qui se colle contre lui, est désarmante d’émotion pure.
On ne sait pas pour quelles raisons Jeanne va à ce point s’attacher à Lucas, au point de se remettre à parler. Peut-être que cette nouvelle figure masculine la rassure, peut-être le voit-elle aussi comme une sorte de « tonton ». Elle qui a perdu sa maman, se retrouve avec un papa en quelque sorte aussi « fragile » qu’elle, veuf et au chômage.
Autrefois braqueur sans foi ni loi, Lucas va peu à peu « s’adoucir » au contact de cette petite fille, et également sans s’y attendre nouer des liens d’amitié du genre « amour vache » avec Pignon, évoluant peu à peu vers une volonté de Lucas à aider François et fille Jeanne à passer la frontière pour se rendre en Italie, car la cavale serait dure à supporter pour une si petite fille…
Jusqu’à rester avec eux à la fin, ne pouvant se résoudre à les laisser partir seuls.
« Les Fugitifs » reste donc un film très plaisant à revoir, genre de « buddy movie » à la française, où on apprécie infiniment la place accordée à la tendresse et à l’amitié, grâce notamment à la présence touchante de la petite Jeanne et de son attachement à Lucas, qui lui redonne le goût de vivre… et de parler.
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