Que pouvait faire de plus Denis Ménochet ? Après avoir incarné un fermier français cachant des juifs lors de la Seconde Guerre Mondiale dans Inglorious Basterds et Raphaël Artole, le père désabusé du magnifique Dans la maison de François Ozon, c’est avec le même stoïcisme que celui du garde pénitencier du French Dispatch de Wes Anderson ou du glaçant Jusque’à la garde de Xavier Legrand que Denis Ménochet interprète un mari en deuil qui va sauver une migrante malgré lui. Dans une expérience qu’il raconte lui même comme « hors du commun », le néo-réalisateur Guillaume Renusson, que j’ai eu la chance de rencontrer à l’ESRA, met en scène un thriller social sur un sujet qui devrait tous nous attristé par son actualité : la traque de migrants dans les Alpes, en l’occurence d’une migrante, de manière évidemment unilatéral et illégal sur le sol français et italien. Si l’arrivée de cette milice privée manque quelque peu de contexte, le film qui en résulte, à la fois sensoriel et psychologique, parvient à raconter l’indicible. Il montre aussi que, peu importe ce que l’on pense sur les bienfaits ou le mal fondé de l’immigration, tous devraient s’accorder à constater les souffrances physiques qu’elle peut engendrer, car nul ne traverse pour son plaisir l’une des plus hautes chaines de montagne du monde.