Ah, cette bonne vieille série B qu'était la fin des temps avec Schwarzy qui essayait d'incarner le type blessé qui combat le Diable à grands coups de pieds dans le cul. Il n'a pas complètement rangé les armes depuis, puisqu'on le retrouve dans une petite production de film de zombie, qui se la joue façon ciné indépendant pour ado. A ce titre, il est courageux de sa part de ce lancer sur ce petit projet assez exigeant en termes de jeu d'acteur, même si Arnold n'a que la fibre paternelle à exprimer pour toucher une corde sensible. Comme il est père, il a donc puiser, et parvient à incarner ce personnage de père brisé par la maladie de sa fille, condamnée à se transformer peu à peu en zombie.


C'est le postulat de ce petit film, qui entend introduire un peu d'originalité avec son sujet éculé (le vrai zombie à l'ancienne, qui bouge lentement et sans se presser) par tout le drame humain qui se trouve alors autour. La condamnation, vivre vite tout ce qu'on peut avec intensité... C'est un remake de Nos Etoiles contraires dans le registre zombie pour appâter un peu les amateurs d'horreur-fantastique et leur vendre la vieille soupe. Ca ne veut pas dire pour autant qu'elle soit ratée. Les acteurs livrent tous une composition assez touchante, à commencer par Schwarzy, en préparation mentale pour lutter contre le corps de sa fille quand son âme les aura quitté. Mais en attendant, nombre de personnes aux alentour préfèreraient voir les contaminés déguerpir maintenant, histoire qu'il n'y ait plus de risques. Ca sera l'occasion d'une digression touchante, où l'on pourra voir l'éclatement d'une famille pour cause de quarantaine. Un petit drame au milieu d'un monde dévasté qui tente de se relever de l'épidémie, en allant à l'essentiel. Une fois que l'on en a pris conscience, tout est dit. Il n'y a alors plus qu'à suivre la progression de l'histoire, en se rassasiant des menus rebondissements jalonnant le parcours vers une fin... inattendue et logique. On pourra être un peu expéditif et classer ce film dans la catégorie de Warm Bodies. Ce dernier avait été considérablement boudé pour son humanisation un peu humour des zombies (finalement victimes) avec une amourette au milieu qui permettait de prendre conscience du phénomène. Et pourtant, émotionnellement, il était lui aussi à ce niveau. De façon moins voyante (l'amour familial a une portée un peu plus universelle que l'amour adolescent), mais dans une démarche similaire. Avec pour luxe un plus gros budget et quelques séquences à suspense réussies (alors qu'ici, c'est le calme plat). En prenant le film avec ses arguments, on tient quand même un petit drame sympathique, suffisamment en tout cas pour justifier un visionnage.

Voracinéphile
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le 26 mai 2015

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