"Second long-métrage en solo de Cyprien Vial après Bébé tigre (2015), Magma se définit comme un récit d’apprentissage à travers la relation de mentorat et intergénérationnelle de deux volcanologues. Il devrait en découler une atmosphère pesante au cœur d’une Guadeloupe en ébullition, entre les soupçons d’un éveil volcanique et une évacuation préventive qui n’a rien d’ordinaire. Malheureusement, la crise peine à exploser dans ce film qui minimise toute forme de tension et qui se renferme dans les travers d’une réflexion trop théorique."
"Plus que jamais dans la ligne de mire du cinéma, français notamment, la Guadeloupe est rendue à ses citoyens à travers des images qui captent l’authenticité de l’environnement antillais. À mi-chemin des cartes postales et de la fibre documentaire, le cinéaste tente de restituer à la Basse-Terre une aura quasi mystique. Pour autant, il ne filme pas la Soufrière comme une créature divine, avec l’intention de châtier l’humanité pour ses vices, mais comme un témoin d’une outrageuse réalité, celle d’une évacuation qui vire au « désastre social, dont l’île porte encore les stigmates ». Dans cette étude-ci, Vial en profite donc pour montrer en arrière-plan de quoi est fait le quotidien des Guadeloupéens. De cette manière, l’évacuation abusive des autorités démontre les pertes matérielles et de confiance d’une population avec qui on rencontre des difficultés à communiquer. Il s’agit du même sentiment qu’éprouve Aimé, un jeune volcanologue en manque d’expérience et d’affirmation, envers son mentor Katia Reiter."
"En somme, et à l’instar de ses héros malgré eux, il manque encore à Magma une prise de risque dans la représentation d’une menace grandissante des forces de l’ordre, car le film abandonne souvent ses idées à mi-chemin. Seule émerge cette volonté d’espérer et de célébrer l’identité retrouvée d’une Guadeloupe forte et indépendante. Elle ne suffit pas à valoriser cette œuvre aussi ambitieuse que prometteuse."
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