Pâtes à la carbonara
Ce Malcolm & Marie avait tout pour plaire aux plus cinéphiles: arrivé sur un boulevard vide de concurrence en raison du covid, pré-senti pour gagner de nombreuses récompenses, deux acteurs qui...
Par
le 6 févr. 2021
69 j'aime
4
Voir le film
Alors Malcolm et Marie sont puérils, ils agassent, se mettent en scène avec excès quitte à perdre en réalisme au nom du grandiose. Ce film est une sucession de joute verbale, pertinent par moment, notamment quant il évoque la frustration de l'artiste incomprit. Des échanges parfois saisissants quand se lève le voile des nons-dits mais aussi exaspérant lorsque l'animosité aurait du laisser place au silence.
Pourtant on se prend au jeu grâce notamment à une mise en scène qui laisse le soin de contempler ce couple, chaque seconde du film est une photographie où l'émotion illumine l'attention du spectateur. La magie de ce film est de parvenir à nous faire aimer ce qui nous agasse, étrange paradoxe miroir de l'amour passion entre Malcolm et Marie.
C'est donc avec panache que Sam Levinson met en relief cet amour destructeur au travers d'une longue nuit qui jalonne entre le noir et le blanc, l'amour et la haine, la frustration et le désir.
Malcolm et Marie se déchirent, enchaînent les monologues saupoudrés de reproches et parfois de lumière, cependant ils nous frustre par leur immaturité dans cette perpétuelle relance du : "regarde comme je t'ai rendu beau".
Alors la longueur et l'enchaînement des dialogues peuvent sembler puérils, inutiles tant ces paroles contribuent à renforcer la dichotomie au sein de ce couple qui, pourtant, à travers certaines répliques et épisodes fondateurs de leur amour parvient à révéler son alchimie et sa complicité.
Ces personnages qui se pointent du doigt avant de se tendre la main. La danse de l'amour, jeu de la passion, qui flanchera en premier avant de brûler tout brûler, là est tout l'enjeu.
Une des limites du film est son immobilisme, ses longueurs et son impossibilité de portée de l'espoir. On en ressort lessiver.
C'est ainsi que Malcolm et Marie, lorsque la fatigue, la tristesse et la redondances prennent le pas sur la rage, la source du conflit émerge, déconcertante par sa simplicité : le desir de reconnaissance.
Le jour se lève, et que retiendrons-nous aux lueurs de l'aurore ? Comme le disait Marie : Rien de productif ne sera dit ce soir.
Créée
le 28 déc. 2021
Critique lue 107 fois
D'autres avis sur Malcolm & Marie
Ce Malcolm & Marie avait tout pour plaire aux plus cinéphiles: arrivé sur un boulevard vide de concurrence en raison du covid, pré-senti pour gagner de nombreuses récompenses, deux acteurs qui...
Par
le 6 févr. 2021
69 j'aime
4
À un instant, assez tôt dans le film, dix minutes peut-être, et alors qu’on se rend compte déjà que le film flirte avec le truc poseur à partir du moment où Sam Levinson décide de filmer John David...
Par
le 10 févr. 2021
44 j'aime
2
Alors c'est ça, LE film du confinement ? Hé bien là, je dois bien vous avouer que les bras m'en tombent. Parce que Sam Levinson ne fait finalement que nous refiler un remake de ce que nous avons vécu...
le 10 févr. 2021
29 j'aime
6
Du même critique
Alors Malcolm et Marie sont puérils, ils agassent, se mettent en scène avec excès quitte à perdre en réalisme au nom du grandiose. Ce film est une sucession de joute verbale, pertinent par moment,...
Par
le 28 déc. 2021