De l'effet avant toute chose
Nous York, c’est l’histoire de deux jeunes filles des cités françaises parties tenter leur chance à New York City, USA. On ne présente plus Géraldine Nakache, frère du réalisateur Olivier Nakache (Intouchables, Nos jours heureux), et Leïla Bekhti, césarisée de meilleur espoir en 2011, toutes deux actrices phares de Tout ce qui brille (2010).
Que retenir de Nous York ? Que c’est avant tout un film de potes assumé, où les acteurs font tous partis de cette fameuse génération Y : on y trouve – entre autres - Baptiste Lecaplain, colocataire inoubliable dans Bref, dont c’est le premier rôle au cinéma, ainsi que Manu Payet, ex-star de la radio. Plus ados qu’adultes, les « mecs » de la bande partent à NYC le temps d’une semaine, retrouver les deux compères femmes pour l’anniversaire de l’une d’entre elles. Avec ces personnages urbains et banlieusards, jeunes et débraillés, on est loin des bobos du Cap Ferret de Guillaume Canet dans les Petits Mouchoirs, et des petits problèmes de parisiens aux egos surdimensionnés, et, surtout, on n’a pas de personnages aux traits caricaturés. Nous York touche donc, aux premiers abords, par la sincérité de ses personnages, dont les acteurs font leurs premiers pas au cinéma pour la moitié d’entre eux. Premiers pas au cinéma, première fois à New York, la métaphore peut être brillamment utilisée.
Mais ce ne sont pas les acteurs, qui rendent, d’une manière générale, le film plutôt décevant. Car ce qui choque dans Nous York, c’est la platitude des gags et des dialogues contre une mise en scène ultra-moderne : alors, oui, Nakache et Mirman savent monter un film : l’ensemble est plutôt bien filmé, très bien monté, le générique du début est réellement impressionnant... Mais à trop vouloir miser sur une mise en scène efficace et sur une quasi-omniprésence de la musique, il faut rappeler que le cinéma n’est pas qu’une affaire de montage. C’est avant tout une histoire, des personnages, des dialogues, des répliques, en bref, le cinéma est du théâtre filmé : on doit y filmer les êtres avant de se soucier comment doivent-ils être rendus à l’écran, et sur quel fond sonore, etc.… La bande-originale est certes agréable à écouter, mais la surenchère de musique pop vient parfois substituer aux dialogues le vide de ceux-ci, et il ne suffit pas de coller un fond sonore rythmé et dynamique pour remplacer la force des dialogues. Pour ma part, je trouve l’écriture du film très peu soignée ! Il aurait peut-être fallu plus de punch, plus de politiquement incorrect dans les gags même si point trop n’en faut. De plus, le langage typiquement jeune aux expressions populaires semble un peu trop forcé, ce qui donne forcément des personnages un peu trop catégorisés. Le film surprend pas la rapidité de ses scènes : certaines sont trop vite expédiées, le comique n’étant jamais assez forcé, et les rares fois où l’on s’attend à une vraie vanne, celle-ci est visible des kilomètres à la ronde. Alors bien sûr, les personnages sont sympathiques et l’on s’identifie malgré tout assez vite à leurs travers, à leurs qualités. N’empêche…
On pourrait aussi reprocher un certain amateurisme dans le jeu d’acteurs : si Nakache et Bekhti n’ont rien à prouver de ce côté-là, il n’en est pas de même pour Lecaplain ou Payet, qui ont du mal à sortir de leur personnage d’adolescent fini un peu niais, pas tout à fait mature. Néanmoins, il y a tout de même quelques scènes vraiment réussies et très touchantes, notamment celle de l’engueulade générale à propos d’un pot de Nutella renversé, qui prend des proportions assez grande. Mais en dépit de ces quelques scènes, on ressent plus le film comme une succession de gags plus ou moins drôles.
D’une manière générale, Nous York déçoit par la