Panopticon est le portrait d'un adolescent trouble et troublé, Sandro, aussi pieux que obsédé sexuel, ce qui n'est manifestement pas incompatible. Un drôle de type, en vérité, pas très sympathique, au demeurant, qui a pour excuses d'être éloigné de sa mère et flanqué d'un père qui songe à devenir moine. Truffé de références, à Fenêtre sur cour, au Lauréat et aux 400 coups, entre autres, le film suit les dérives de son héros dans une Géorgie actuelle, où le nationalisme devient de plus en plus exacerbé. Au passage, notons qu'il y a une certaine ressemblance entre l'acteur qui joue le personnage principal avec Louis Garrel, à 20 ans. Très travaillé dans son écriture et assez peu prévisible, Panopticon séduit par le traitement malin de l’ambiguïté de Sandro aux pures aspirations mais aux comportements qui ne le sont pas vraiment. Le film ne ressemble pas vraiment à ce que le cinéma géorgien a pu nous offrir ces 10 dernières années mais cela ne l'empêche pas de l'être fondamentalement, géorgien, dans un récit d'apprentissage un peu tordu où le réalisateur, George Sikharulidze parvient avec bonheur à créer un climat instable et parfois malaisant, dans lequel les personnages secondaires ont aussi leur mot à dire.