Après Shéhérazade, premier film éblouissant qui avait mis tout le monde d'accord et remporté trois César (premier film, révélation féminine et révélation masculine), le talentueux Jean-Bernard Marlin a de nouveau posé sa caméra dans les quartiers sensibles de Marseille pour proposer un deuxième long-métrage ambitieux.
Difficile de donner un avis global sur le film, avec première partie enlevée et réussie, et une seconde nettement moins convaincante.
Un point de départ que l'on pourrait résumer à un Roméo et Juliette des cités, mais dont on comprend très vite que le réalisateur ne souhaite pas proposer une énième variation.
Déplacer cette histoire ultra-réaliste sur le terrain du fantastique, aux confins du mysticisme, était sans doute la bonne idée afin de s'extirper des pièges de la caricature du film de banlieue. Néanmoins, le mélange des genres n'est pas très bien maîtrisé et la confusion s'installe petit à petit, à cause de la multiplication de métaphores religieuses pas toujours très inspirées.
Présenté il y a plus d'un an au Festival de Cannes 2023, le film n'avait déjà pas vraiment convaincu et Jean-Bernard Marlin avait du revoir sa copie et réduire la durée de son film d'une heure pour rendre l'histoire plus compréhensible.
Il reste néanmoins un réalisateur très prometteur et filmeur hors pair. Salem comporte plusieurs moments de grâce, que l'on doit à sa mise en scène très travaillée mais également à un travail remarquable sur le son et une bande originale très réussie.
Au final, le film est loin d'être raté et a même quelque chose d'assez fascinant mais, sans doute trop ambitieux, il peine à convaincre sur la longueur.
Toujours est-il qu'après le Règne Animal ou Vincent doit mourir, le jeune cinéma français confirme son audace et sa volonté de bousculer les codes et rien que pour cela, le geste est à saluer.
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