Save the Children
Save the Children

Documentaire de Stan Lathan ()

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En 1972, le Révérend Jesse Jackson organise pendant 5 jours une exposition à Chicago où il veut mettre en valeur la réussite de Noir(e)s Américain(e)s dans tous les domaines, les arts, la politique, l’entreprenariat ou encore les sciences. Il fait réaliser un film pour garder une trace de cet événement mais il est vite retiré des affiches et oublié pendant une cinquantaine d’années. C’est ce documentaire qui est désormais disponible sur Netflix (98 mn) et permet de mieux comprendre à quel point la lutte pour les droits civiques et contre les inégalités s’est poursuivie dans les années 70. Il n’y avait lors de cette expo aucune frontière entre la musique, la politique et le contexte social car en parallèle sont organisés de grands concerts auxquels participent quelques-unes des plus grandes vedettes Noir(e)s Américain(e)s de l’époque et pas des moindres car le casting est impressionnant : Marvin Gaye, Roberta Flack, les Staple Singers, les Jackson 5, Isaac Hayes, Bill Withers, Cannonball Adderley ou encore Quincy Jones, voilà quelques-uns des artistes qui ont accepté de se produire et qui s’engagent rien que par leur présence ! Ca donne des moments très forts comme les titres extraits de « What’s going on » de Marvin, sublimes ; le triomphe dès l’arrivée des Jackson 5 qui ont droit à un « stage rushing » démentiel, les gens montant sur les chaises ou encore Sammy Davis Jr qui vient chanter alors qu’il sait qu’une partie du public lui est hostile (et il le dit), critiqué par les Black Panthers comme étant « l’amuseur des Blancs » mais aussi pour ses liens avec Nixon. On le sent fébrile au début mais il remporte un vrai succès.

Le chœur gospel du Révérend James Cleveland conduit à une sorte de transe, une choriste évanouie est même évacuée, c’est impressionnant et voir le révérend danser en expliquant que la danse est un moyen de se rapprocher de Dieu et n’est pas réservé au rock’n’roll, est franchement drôle. On peut s’amuser enfin de certaines tenues improbables avec Isaac Hayes, torse nu au piano avec toute sa quincaillerie autour du cou et…une paire d’après-ski moumouteux aux pieds ! Ou les O’Jays qui sont quasiment habillés comme des super-héros. Mais la version de « Stormy Monday Blues » par Issac est somptueuse et les voix soul des O’Jays sont magiques, impossibles d’y résister. Ce documentaire historique dépasse donc le cadre simplement musical mais on peut lui faire un reproche, ce qui m’empêche de mettre une note supérieure : beaucoup de morceaux sont coupés avant la fin, on n’en a que des bouts et c’est un peu frustrant mais ça permet de découvrir ce film dont j’ignorais l’existence.

JOE-ROBERTS
7
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le 26 oct. 2024

Critique lue 16 fois

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