Sinners
6.6
Sinners

Film de Ryan Coogler (2025)

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Sinners — Le diable s’habille en blues et t’en colle une derrière les oreilles

Un film d’horreur ? Non, une messe vaudou shootée au bourbon noir


T’attendais des crocs, des pieux, du sang, des crucifix qui fument et des meufs qui crient. Tu t’imaginais un Blade version arty, avec Michael B. Jordan qui dégomme du vampire entre deux séances de pompes. Et bah non, coco. Surprise : t’es tombé sur un film de Ryan Coogler qui te sert du blues, de la poésie, et de la souffrance noire comme une offrande.


Le film se la joue Légende du pianiste sur l’océan remixée par Robert Johnson en plein pacte satanique. L’horreur ? C’est une métaphore. Les monstres ? Des symboles. Et toi, spectateur ? Une victime consentante qui comprend au bout de vingt minutes qu’il va pas voir un slasher, mais une putain d’odyssée mystique filmée comme un rêve fiévreux sous opium.


Michael B. Jordan fait le taf. Et même le double taf. Littéralement.


Jumeaux. Un acteur. Zéro fausse note. Pas de fond vert qui pue, pas de split-screen foireux digne de Parent Trap. Non, là c’est propre, chirurgical, fluide. On croirait que le mec a été cloné dans une cave par un moine shaolin.


Le plus fort, c’est qu’il joue les deux frangins avec deux énergies totalement différentes. L’un est solaire, l’autre est ténébreux, et les deux suintent la classe et la douleur à parts égales. C’est pas du jeu d’acteur, c’est de la magie noire. À ce niveau-là, c’est plus une performance, c’est une possession démoniaque filmée en 4K.


Le blues : la vraie star du film. Et putain, ça tabasse.


Tu veux de l’originalité ? T’es servi. Pas de rap en boucle comme dans 99% des films US sur des Noirs. Ici, c’est le blues. Le vrai. Celui qui vient des tripes, des chaînes, du coton, de la poussière. Et crois-moi, ça fait plus mal qu’un solo de guitare de Slash sur une corde de bagnard.


Chaque note te hante. Chaque accord invoque des spectres. La musique est une porte entre les mondes, un appel à l’Ancien, une incantation qui fout les poils. Ryan Coogler te balance un film où la bande-son n’est pas un fond sonore mais un sortilège. On n’écoute pas, on subit. Et on en redemande.


Une scène de fête qui défonce tout ce que t’as vu depuis la teuf de Zion dans Matrix Reloaded


Y’a une scène. Une seule. Mais mon Dieu. Elle va entrer au Panthéon. La scène de la fête. À la fois orgiaque, sacrée, animale et cosmique. C’est Eyes Wide Shut dans le bayou. T’as du vaudou, du groove, des corps qui fusionnent, des entités qui rôdent, et un plan-séquence qui te laisse sur le carreau comme après 3 shots de mezcal et un mauvais trip au peyotl.


C’est pas juste bien foutu. C’est divin. C’est filmé avec les tripes, monté avec du feu et du silence, et ça t’attrape le bide pour te retourner la moelle. Un truc à te faire croire que Dieu écoute du blues dans une cave moite en Louisiane.


Le problème ? Faut se taper 45 minutes de somnifère avant de rentrer dans le dur


Coogler, on l’aime. Mais faut lui dire : ton intro, frérot, c’est un épisode d’Arabesque. Tu veux construire de l’atmosphère ? OK. Mais faut pas nous faire poireauter une heure en mode "Jumeaux reviennent au village et font du jardinage mystique".


Ça rame. Ça s’étire. On attend que le film démarre comme on attend une réforme utile en France. Et pendant ce temps, t’as des flashbacks qui reviennent toutes les dix minutes pour te rappeler à quel point la douleur est une œuvre d’art.


C’est noble, c’est profond. Mais putain, c’est long. Fallait couper dans le gras, virer les plans contemplatifs à la Terrence Malick et foutre un peu plus de crocs dans cette fable occulte.


Conclusion : Sinners, c’est pas un film d’horreur. C’est un rite initiatique. Et t’en ressors changé.


T’étais venu pour du frisson, t’es reparti avec une initiation mystique en pleine moelle épinière. Sinners te vend du diable, te livre du blues, t’implante des visions. C’est lent à démarrer, oui. Mais quand ça tape, ça tape fort.


C’est pas une claque. C’est une incantation. Une transe. Un film qui ne te fait pas peur… mais qui te suit dans ton sommeil comme un vieux bluesman damné qui te murmure à l’oreille avec la voix de B.B. King et le regard d’un démon.


Et là tu comprends : à force de danser avec le diable, c’est pas lui qui vient… c’est toi qui ouvres la porte.


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le 18 avr. 2025

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Oni

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