Sinners
6.6
Sinners

Film de Ryan Coogler (2025)

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Sinners :Blues, feu sacré et coup de chaleur dans le Mississipi

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec *Sinners* n'ayant rien suivi de la promo et n'ayant vu aucune BA. Le nom de Coogler au générique, forcément, ça intrigue — le gars a prouvé qu’il savait alterner le cinéma nerveux (*Fruitvale Station*) et les blockbusters maîtrisés (*Black Panther*). Et là, bim : un film grandement musical, dramatique, quasi spirituel et berçant dans le mysticisme, entre deux récits entremêlés et une ambiance moite du Sud des États-Unis. Franchement ? Belle surprise.


C’est **rafraîchissant**, déjà parce que ça ose une proposition originale, à mi-chemin entre le drame intime et le conte mystique. Deux histoires s’enchevêtrent (sans spoiler), avec des personnages qui chantent, qui vivent, qui doutent. On est loin des biopics à la chaîne ou des grosses machines formatées que nous pondent les grands pontes des studios. Ici, Coogler prend le temps, explore des ambiances, fait respirer les silences et les voix.


Et justement, les performances scéniques sont puissantes, interprétés par la rage et le feu au ventre autant dans le jeu que dans les chants. Le cast s’en sort avec une belle intensité, sans cabotinage, sans cliché. Et les numéros musicaux ne tombent jamais dans l’ostentatoire : ils sont là pour creuser les personnages, pour ajouter une couche d’émotion, pas juste pour faire joli. Franchement, on voyage tant c'est envoutant. Mention spéciale à la photographie, vraiment **magnifique**, qui capte aussi bien les visages que les paysages, et nous immerge dans cette Amérique profonde avec une chaleur presque sensorielle.


Après, tout n’est pas parfait. Le film aurait **gagné à être un peu plus homogène**. Certaines ruptures de rythme ou de ton peuvent déstabiliser, et les deux récits n’ont pas toujours le même poids émotionnel. Il y a parfois des creux, des moments où on se demande où ça veut aller. Mais ça fait partie de sa sincérité aussi : *Sinners* ne veut pas être une machine bien huilée, mais plutôt un voyage imparfait, habité.


Et alors, quant à la polémique issue **la critique de Variety (et autres gratte-papier du milieu… , du ridicule.** Les mecs sous-entendent que le film va se planter (61M$ Monde dont 48M$ USA/Canada en WE d'ouverture, pour une œuvre originale classé R -interdit aux moins de 17ans portée essentiellement par Michael B. Jordan et dans une moindre mesure Hailee Steinfeld, c'est SUPER BIEN et même mieux par exemple qu'un Once Upon a Time in Hollywood, bien sûr couvert différemment par ses médias!) comme si Coogler n’avait pas « mérité » son contrat hors norme chez Warner (du niveau d’un Tarantino ou Nolan). Mais c’est quoi ce procès d’intention ? On voit clairement pour qui ils roulent ceux là et quel est l'agenda^^


Heureusement que des mecs influents du milieu l'ouvrent pour contester cette tentative ridicule (merci Ben Stiller, notamment). C'est fou, le mec propose autre chose, et ça marche, justement *parce que* c’est différent mais comme il a un contrat avantageux, il FAUT le saquer.


Hollywood est malade.


Les chiffres sont bons, le bouche-à-oreille suit, donc les pisse-froid de l'industrie peuvent bien aller se faire bénir par de l'eau aromatisé à l'ail au lieu de faire le travail de sape des studios qui ont tout intérêts que cela ne marche pas trop pour ne pas avoir à gérer une multitude de demande de contrats de la part des artistes.


Bref, *Sinners* n’est pas un chef-d’œuvre mais c’est **un film habité, vibrant**, imparfait mais sincère, et surtout **porteur d’une vraie voix**. Une belle découverte. Un 7/10 tout en groove, en foi et en liberté.

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le 22 avr. 2025

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lugdunum91

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