Seulement cinq ans après sa création dans le comic book éponyme, l'anti-héros venu des enfers Spawn bénéficie d'une adaptation cinématographique. Doté d'un budget de 40 millions de dollars, bénéficiant d'acteurs plus ou moins confirmés (Michael Jai White, John Leguizamo, Martin Sheen...) et du soutien de son créateur originel Todd McFarlane, le long-métrage se voit édulcoré comparé à son modèle d'origine sur papier et s'accentue plus sur l'action et les effets spéciaux à l'époque impressionnants. Pourtant, il en ressort encore aujourd'hui du film une déception immense pour les fans du comics et un joli nanar de seconde zone qui a très rapidement mal vieilli.
En effet, mis en scène par le responsable des effets visuels Mark A.Z. Dippé (dont c'est le premier et unique long-métrage ciné), Spawn joue la carte de l'humour noir grinçant mais parfois lourdingue, de l'action explosive digne d'un film de Steven Seagal et délaisse le côté humain et fantastique du comics. On se retrouve donc devant un scénario éculé où tout est très simplifié pour plaire aux ados et aux actioners décérébrés, les lacunes du scénario étant comblés par un florilège d'effets spéciaux hélas inégaux, certains étant époustouflants (l'armure, la cape et les pouvoirs de Spawn) tandis que d'autres font peine à voir (l'Enfer et Malebolgia...).
On ajoutera au film de nombreux autres défauts comme un jeu d'acteurs désarmant de platitude (excepté pour John Leguizamo, méconnaissable et jubilatoire en Clown), des flashbacks ratés alourdissant maladroitement le film, un montage tout bonnement stupide et quasi-amateur ainsi que des plans très souvent aberrants. Ne manquant pas d'un certain panache et d'un côté pour le moins osé à l'époque, Spawn aurait pu être beaucoup plus réussi dans d'autres mains, Dippé ayant tout simplement à moitié ruiné ce personnage si charismatique. Reste du film quelques bonnes séquences et des décors gothiques fabuleux. Dommage donc.