Alors que la République est en guerre, le Conseil Jedi se méfie de plus en plus du chancelier Palpatine (Ian McDarmid), qui semble profiter un peu trop des pleins pouvoirs que le Sénat lui a accordé dans des circonstances exceptionnelles. En outre, son influence grandissante sur le jeune Anakin Skywalker (Hayden Christensen) écarte ce dernier de son maître Obi-Wan Kenobi (Ewan McGregor), faisant présager le pire au Conseil Jedi…
Dès le magnifique plan-séquence d’ouverture, George Lucas annonce la couleur : plus que jamais, il est décidé à nous en mettre plein les yeux. Et c’est bien le cas pendant 2h20, le réalisateur nous offrant sans doute ici les scènes d’action les plus musclées de la saga, maniant le grand spectacle avec une aisance toujours aussi déconcertante, spectacle qui culmine évidemment dans le grandiose affrontement entre Anakin Skywalker et Obi-Wan Kenobi, immense duel de cinéma.
En effet, avec ce troisième épisode de la saga, c’est une République en guerre dans laquelle nous plonge Lucas, et c’est avec un intérêt constant que l’on suit les différentes rivalités qui se dessinent et que l’on voit les camps se forger. Si l’influence qu’exerce le chancelier Palpatine sur Anakin est posée d’emblée alors qu’il aurait été plus judicieux de la montrer naissante au spectateur, elle est en tous cas très bien explorée par un scénario intelligent qui réussit à ne jamais laisser les intrigues politiques et personnelles disparaître sous une action prédominante. Malgré le jeu très caricatural du grimaçant Ian McDarmid et celui, unilatéral, de Hayden Christensen, dont on se demande comment son entourage fait pour le croire gentil alors qu’il arbore une vraie mine de méchant pendant tout le film, on se laisse donc prendre à un récit qui parvient à alterner le général et le particulier dans une narration d’une fluidité exemplaire.
En outre, étant donné que le spectateur le plus ignare sait parfaitement comment le film se terminera, Lucas fait de cette avance du spectateur sur les personnages la force de son récit, et revêt ainsi cet épisode de furieux airs de tragédie antique, le spectateur assistant impuissant à l’avancée des personnages vers un destin qu’il sait inéluctable. Soutenu comme d’habitude par la musique somptueuse de John Williams et des effets spéciaux titanesques (malgré un coup de vieux toujours présent), La Revanche des Siths apparaît dès lors comme un divertissement total, qui clôt en beauté une prélogie très injustement boudée.