Très intrigué par la bande-annonce (qui s'avérera assez malhonnête) et par la nationalité française de ce survival, je me sentais de bonne composition pour lui laisser sa chance. Le visionnage acheva toute clémence. Et pourtant... Force est d'admettre que le pitch est original, sans doute même inédit, et que le début du film ouvre des pistes intéressantes (dont une sympathique séquence de double vomito). Mais dès que la catastrophe a eu lieu, c'est la cata à tous les niveaux. Les limites budgétaires se font clairement sentir, ne serait-ce que par les décors/paysages qui ne donnent jamais l'impression d'être ailleurs que dans un désert. Il faut forcément une très bonne suspension d'incrédulité avec un tel concept, mais même avec, rien n'est cohérent : pourquoi y a-t-il quelques poissons qui trainent, pourquoi les déchets sont-ils rangés par catégorie, pourquoi y'a-t-il déjà un maraudeur post-apo avec son chien, pourquoi les pilleurs sont surarmés et se cachent dans un container troué, pourquoi y'a-t-il des oiseaux dans un avion immergé, pourquoi l'océanographe sait-il tout ce qu'il sait (à part pour expliquer le film ?), pourquoi les personnages ont l'air d'avoir gagné à la fin...
L'écriture des persos est lapidaire, le plus développé étant celui d'Emilie Dequenne en mère courage badass, avec des interactions improbables (le récit de la rencontre parentale comme si c'était la 1ère fois). Et l'affiche comme la bande-annonce sont mensongères : je voulais voir la lutte contre le plus grand tsunami du monde, et j'ai eu droit à l'attaque des arthropodes des abysses rendus fous par l'oxygène. Bon, j'ai pas passé un mauvais moment car j'étais en bonne compagnie pour réagir au film, et il faut lui reconnaitre qu'il stimule l'imaginaire en amenant à se poser plein de questions techniques inutiles, mais Survivre est plutôt à ranger dans la catégorie "à bientôt sur Nanarland" (j'ai déjà le genre : Vivre pour voir survivre).