Haa ces filles qui veulent toujours faire leur gentille avec les garçons handicapés. C'est quand même dingue ça. Je me souviens qu'en secondaire, il y avait un garçon avec un handicap physique assez lourd : il voyait pas grand chose et il se déplaçait en chaise roulante, il trimbalait avec lui un ordinateur spécial pour prendre des notes. Je n'étais pas dans sa classe, mais il paraît que c'était particulièrement casse-pied de devoir supporter le boucan qu'il faisait en prenant ses notes, surtout lors d'une interro. Et puis, il y avait toujours des filles pour aller le soutenir. Je sais même pas si elles étaient sincères, si c'était l'instinct maternelle qui résonnait en elles ou juste un fantasme un peu déviant. En tous cas, ça me rendait jaloux ! Oui, jaloux ! parce que les gonzesses n'en avaient que pour deux types de mecs : ceux avec la casquette et le training dans les chaussettes (et qui souvent avaient 20 ans) et les p'tits handicapés. Les losers dans mon genre ? rien que dalle ! Au mieux on devenait leur pote 5 minutes avant une interro histoire de leur laisser l'occasion de recopier... je me souvent d'Aldja d'ailleurs, une très belle fille, mais qui avait tout recopier mot à mot sans réfléchir... haaa que de souvenirs !!
Je m'attendais à quelque chose d'un peu plus horreur et épouvante. D'ailleurs, je me suis demandé si je ne m'étais pas trompé de film durant les 10 premières minutes à cause d'une ambiance un peu trop dramatique.
Le scénario fait penser à "Misery" mais en beaucoup moins bien. C'est moins bien parce que les relations entre les personnages ne sont qu'effleurées et que l'intrigue avance principalement à coup de révélations (fumeuses). Et puis globalement c'est assez mal ficelé, notamment au travers des grands parents dont on se demande à quelle drogue ils carburent pour dire autant de bêtises. Il reste tout de même quelques idées sympathiques, même si mal exploitées, ç'aurait pu être un thriller assez prenant si les auteurs avaient décidé de jouer carte sur table (surtout que c'est à cause de ce mystère que rien n'est exploité correctement).
Il faut signaler aussi que l'histoire fait un peu rire malgré elle. Ben oui, dans "Misery", il y avait un objectif principal (sortir de là) et des conflits résolvables (l'hôte met des bâtons dans les roues, mais on peut croire en une réussite car la victime est un adulte qui a des liens avec la société). Ici, rien de tout ça : on sait que les parents ont un but mais on ne sait pas trop lequel pendant longtemps ; quant aux conflits, ils sont insurmontables pour la simple et bonne raison que la victime est un gosse qui n'est jamais sorti de chez lui, qui ne connaît rien ni personne... Alors voir la mère s'acharner autant, ça devient vite gratuit et donc... rigolo !
La mise en scène est correcte et sauve un peu les meubles. Le découpage est sobre ; ça manque certainement d'idées (surtout quand je compare à "The Godfather" vu quelques heures plus tôt dans la journée) mais au moins l'action se suit sans trop de problème. Les acteurs sont corrects : Shannon s'en tire le mieux, c'est même dommage d'être aussi talentueux dans ce petit navet, ça gâche le plaisir. La musique est bien trop poussive : par moment il ne se passe pas grand chose et pourtant on sort les gros violons comme s'il s'agissait d'un moment épique... de quoi gâcher l'instant et à nouveau pousser au rire involontaire.
Bref, "The Harvest" est une petite daube un petit peu amusante pour ses maladresses mais globalement mauvaise malgré tout. Dommage ça aurait pu être chouette.