Que dire de ce film à sketchs, si ce n'est qu'il avait un énorme potentiel, mais que malheureusement il passe complètement à côté de ce qu'il aurait pu (dû) proposer ?
En effet, 7 histoires pour environ 1h50 de film, c'est beaucoup trop d'histoires, voilà le problème principal. A vouloir en faire trop, on gâche l'occasion de transformer l'essai en réussite totale.
A mon sens, il n'aurait fallu garder que 4 de ces histoires et les développer un peu plus, elles ainsi que l'univers et l'ambiance dans laquelle elle se déroule, afin de pouvoir s'imprégner de l'atmosphère qu'elles proposent.
Tout d'abord, "the mother of toads", une histoire de succube si on peut dire, plutôt intéressante, inspirée de l'univers de HP Lovecraft. Evidemment que c'est intéressant. Histoire que l'on aurait gardé, mais qu'il aurait fallut étirer. Il se passe beaucoup trop de choses en trop peu de temps, on a pas le temps de rentrer dans l'univers que c'est déjà fini. Un peu à l'image des nuages que l'on voit couvrir la lune en l'espace de 5 secondes. Ca aurait pu être tellement mieux.
2è histoire : "I love you". Beaucoup plus terre à terre, c'est l'histoire d'une femme qui va quitter son mari, et histoire d'enfoncer le clou, lui raconter toutes les fois où elle l'a trompé. Cerise sur le gâteau, le mari était déjà complètement paranoïaque, donc le cocktail va s'annoncer détonnant. Peut-être l'histoire la mieux maîtrisée de tout le film. Car elle est simple et efficace. Elle a la bonne durée, même si on aurait pas craché sur 3 minutes supplémentaires histoire d'avoir une visualisation un peu plus graphique et explicite de ce qu'il se passe à la fin. Je garde!
3è histoire : "Wet dreams". Alors, c'est un peu plus flou. L'histoire étrange d'un gars qui rêve d'une charmante jeune femme qui lui fait subir des sévices... hum hum... du coup il se réveille en donnant un coup de poing à sa femme qui se retrouve couverte d'ecchymoses. Le tout emballé dans une sombre histoire de télécommande de télévision... Je garderais cette histoire car elle s'inscrit parfaitement dans le thème du grand-guignol auquel le film souhaite rendre hommage.
4è histoire : "the accident". On se demande un peu ce que ça fait là. C'est quoi le rapport avec la choucroute ? Ici, on voit une petite fille être le témoin d'un accident entre un cerf et un motard, et poser des questions sur la mort à sa mère. Ca n'a rien à voir avec le reste du film et c'est complètement hors sujet : on jette.
5è histoire : "Visions of Stains". Une sombre histoire de sérial-killeuse qui s'injecte les souvenirs de ses victimes à l'aide d'un seringue qu'elle se plante dans l'oeil, telle une junkie. Enfin, c'est ce que je viens de comprendre en lisant le résumé, car de moi-même je n'avais rien compris, une fois de plus parce que c'est trop court! On assiste à des scènes sans comprendre le pourquoi et le comment. Evidemment, je jette.
6è histoire : "Sweets". Une étonnante histoire de "confiserie" qui est sans doute ma préférée du film, à la fois gore et un peu comique avec une référence religieuse à la fin et un clin d'oeil qui en dit long. Mais une fois de plus, histoire gâchée par sa brièveté : ça aurait pu être tellement génial...
J'aurais gardé cette histoire.
Enfin, dernière histoire : "Theatre Bizarre" qui sert de fil conducteur. Une histoire un peu inutile qui remplit les blancs dont on aurait facilement pu se passer. On jette.
Bref, gardez moi 4 histoires que vous allongez pour qu'on puisse pleinement les apprécier, et virez moi les 3 autres qui n'apportent rien au schmilblick, et là vous auriez eu un excellent film à sketchs. Dommage.
Bons points à noter sur le blu-ray: 1) on a un fourreau cartonné. 2) un boîtier amaray noir. 3) la jaquette est très belle. Mais surtout 4) un poster double face à l'intérieur, très bonne surprise, d'autant que je n'ai pas vu de note qui le stipule sur la boîte. Sur une face, une affiche plutôt vintage représentant le personnage de "Theatre Bizarre". Sur l'autre face, une charmante demoiselle en train de se régaler. Affichez ça chez vous et vous ne dormirez plus de la nuit!