Tout se déroule au début du XXe siècle, dans l'Amérique profonde. On suit Daniel Plainview, campé par le grand Daniel Day-Lewis, qui devient, au fur et à mesure du temps un homme de plus en plus riche et puissant.
L'histoire tourne autour du pétrole: cette ressource, encore nouvelle pour ce monde moderne, source de nombreux désirs, de nombreux problèmes, hier ou aujourd'hui.
Daniel Plainview représente l'homme capitaliste, celui qui va toujours chercher à s'enrichir, qui va acheter toujours et encore, afin de gagner toujours plus d'argent. L'argent, d'ailleurs. On ne le verra pas l'utiliser, ce n'est pas le but du film. Ce qui intéresse ici n'est pas la fin, mais plutôt les moyens. C'est ainsi qu'on va le voir se rendre chez de pauvres paysans, n'y connaissant rien à ce monde qui va vite, bien trop vite pour eux. Ils se retrouvent dépassés par les évènements, pensant que la somme proposé par le promoteur est énorme alors qu'elle n'est en fait rien pour lui et qu'il les arnaque.
Ainsi, en peu de temps, Plainview, toujours accompagné de son fils qui, on l'apprend dés les premières scènes je vous rassure, n'est en fait pas le sien, va se retrouver parachuté dans une contrée où il va posséder bon nombres de terres qui regorgent de pétrole. Il va cependant devoir faire face à de nombreux problèmes qui vont semer son chemin.
C'est comme ça que celui qui représente le capitalisme va se retrouver couper dans son travail par l'Eglise, Eli Sunday. Plainview, en bon rationaliste et athée qu'il est, se retrouve obligé de jouer au jeu, de faire la bonne mine face aux croyants, d'accepter les bénédictions, ou encore de participer aux cérémonies.
De même, il va devenir comme victime de son propre fils: après quelques épreuves, dont une particulièrement éprouvante, il n'en peut plus, et doit trouver un moyen de s'en défaire (mais ça, je vous laisse le voir de vous-même).
Côté réalisation, tout est parfait. Les plans sont magnifiques, dépeignant à merveille des étendues de désert ou encore des collines qui viennent casser le paysage somptueux de l'autre Amérique. On a aussi le droit à de nombreux plans séquences, qui permettent non seulement de mieux rentrer dans l'action, mais surtout de laisser libre cours aux acteurs. Les acteurs, parlons-en. Ils sont tous excellents.
Tout d'abord, Daniel Day-Lewis, campant le personnage principal, est juste éblouissant. Lorsqu'il se retrouve à la cérémonie dans l'Eglise, il parvient à la fois à contenir ses émotions, et en même temps à nous faire comprendre qu'il n'est pas à sa place. C'est à la fois un homme détestable, mais auquel on s'attache finalement assez rapidement. C'est véritablement le rôle de sa vie (comme Nicholson et Vol au dessus d'un nid de coucou), celui dont tout acteur rêve. Les seconds rôles ne sont pas non plus laissés au hasard: d'un Eli Sunday qui fait froid dans le dos quand il prêche sa bonne parole et auquel on aurait bien envie de donner des claques, à un H.W. (le fils) qui semble tout innocent face à son "père" qui ne cesse de pêcher.
There Will Be Blood est donc un film initiatique, celui d'un homme prêt à tout pour son enrichissement. Malgré une durée de 2h40 qui pourrait paraître bien longue, Paul Thomas Anderson parvient à nous captiver tout le long, avant l'explosion finale, scène mythique.
"I drink your milkshake ! I drink it up !"