Et le nanar d'or dans la catégorie "film ado" est remporté par... Vampire Academy! Fort de son montage épileptique qui enchaîne les 15 scènes à la minute pour caser tous les chapitres du livre, les punch-lines niveau collège tirées à la mitrailleuse, et une réalisation aussi classique que foireuse, il aura su convaincre le jury pour remporter ce prestigieux trophée.
En bon nanar il n'aura pas su trouver son public en salle, faisant perdre 1$ pour deux investis par les producteurs. Ce film réussit ainsi son paris caché, ne jamais voir la suite adaptée tout en laissant un cliffhenger pour inciter à la consommation des livres (je suis tombé dans le panneau en plus).
Du coup, j'ai apprécié ce film à deux niveaux. Le plus évident étant le goût de nanar dernière génération qui permet d'avoir quelques fous rires régulièrement. Lorsqu'en plein milieu d'un dialogue, un visage de femme surgit à l'écran pour te dire « le baiser de mort » ou un truc du genre, tu rigoles, c'est plus fort que toi.
Mais ce teen-movie a franchement des qualités qui valent le détour pour peu qu'on soit d'humeur clémente. Premièrement l'actrice principale convainc contrairement à sa blonde de copine. Deuxièmement, la mythologie vampire développée est sympa, et l'on sent sa relative richesse à certains détails (« la catin rouge », l'origine des strighoï). C'est plaisant même si en fond quelques éléments sont superficiels ce qui ramène à l'envie d'approfondir par le livre. Dernier point, la relation au centre de ce film d'ado n'est pas une romance à deux balles (il y en a plein dans le film rassurez vous, ou inquiétez vous tout dépend) non le long-métrage se concentre essentiellement sur cette amitié entre les deux héroïnes, dont le lien est autant affectif que social (relation aristocrate/servante) et même magique comme nous finirons par l'apprendre. Pour toutes ces raisons, c'est plus supportable que Twilight.
Après ce tacle gratuit, je retourne à ma lecture du roman...
[Avec le recul on a quand même l'exemple typique d'une adaptation qui à la fois veut caser tout le factuel du matériel de base (et y parvient plus ou moins) et à la fois réussit à dénaturer le ton du roman.]