Rétrospectix : 5/11
Si Maxi-Delirium était le jeu du marathon dont j'en attendais le moins, La Bataille des Gaules était peut-être celui qui m'intriguait le plus ! Après tout, j'avais bien aimé Les Tuniques Bleues (le remake), et ce jeu-ci semblait en être un successeur spirituel (du jeu de 1989), mais avec 10 ans d'expérience supplémentaires.
Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ, et Panoramix prépare une nouvelle potion. Problème, il a besoin d'ingrédients bien spécifiques, comme du gui, une edelweiss, des sels de bain et un drapeau. Astérix et Obélix proposent de l'aider, et pour ce faire, ils vont… Monter une armée et unifier la Gaule afin de repousser l'envahisseur romain. Ah ?
L'intrigue est globalement originale mais on peut lui trouver quelques parallèles avec Le Tour de Gaule et Les Lauriers de César. Le jeu est donc, comme Les Tuniques Bleues, un jeu de stratégie au tour par tour. Vous recevez des unités au début de chaque tour, et vous pourrez les distribuer entre vos territoires avant de lancer des assauts (jusqu'à 3 dans le même tour) sur les territoires ennemis. Jusque-là, c'est classique.
Comme pour son prédécesseur, le jeu a pour originalité qu'il est émaillé de séquences bonus qui se déclencheront parfois lors d'une conquête. On en trouve deux types : les mini-jeux et les phases de plate-forme/beat'em up.
Les mini-jeux sont clairement médiocres, on en trouve à peine 4 et ils sont répétés deux à trois fois. Certains sont même à la limite de l'impossible, en particulier l'espèce de bowling où je n'ai réussi qu'une seule fois sur ma dizaine d'essais à avoir les 30 points requis.
Les phases d'action sont plus intéressantes. Au nombre de 8, on visite différents environnements allant des landes bretonnes au Colisée de Rome, sans oublier bien sûr l'éternel niveau dans les Alpes (ça n'est jamais que mon quatrième en cinq jeux). Certains sont plus labyrinthiques que d'autres, mais globalement ils sont bien construits.
Cependant, un problème émerge vite. Puisque la carte du jeu est gigantesque et que les Romains sont vraiment agressifs, il n'est pas rare qu'on perde un territoire contenant un niveau de plate-forme, ce qui oblige à le refaire si on veut reconquérir la place. Et au bout d'un moment, quand vous refaites le même niveau pour la quinzième fois (et j'exagère à peine, j'ai dû parcourir les Carnutes à plus de 10 reprises), ça fait juste péter un câble.
Les Tuniques Bleues avaient un problème de répétitivité aussi, mais les phases FPS avaient l'avantage d'être courtes. Les niveaux de plate-forme d'Astérix, eux, durent entre 2 et 5 minutes, ce qui n'a l'air de rien mais ça s'accumule vite !
Le gameplay dans ces phases n'est pas vraiment fou non plus. Astérix et Obélix ont deux attaques, dont un poing chargé qui ne m'a été d'aucune utilité, et sont très rigides dans leurs contrôles. Pour ne rien arranger, ma version du jeu était sujette à de fréquents ralentissements, ce qui n'est absolument pas pratique quand on doit sauter sur de toutes petites plate-formes suspendues au-dessus d'un gouffre alpin.
En plus, le jeu n'est pas franchement beau. Les modèles d'Astérix et Obélix sont grossiers par rapport à ceux de Maxi-Delirium (sorti l'année suivante) et ce pauvre Idéfix n'a jamais eu l'air aussi pathétique. Je suis sûr que même lorsqu'il errait dans les rues de Lutèce, il était plus mignon.
J'ai aussi trouvé la RNG assez craquée, et bien trop souvent à l'avantage des Romains. Il n'était pas rare qu'ils m'attaquent en étant en claire infériorité numérique et qu'ils parviennent malgré tout à me prendre mon territoire, ou au moins à drastiquement réduire le nombre de mes troupes. Pendant ce temps, s'il me venait l'idée saugrenue de m'attaquer à un territoire avec un nombre de troupes égal ou légèrement supérieur à celui des Romains, j'en ressortais exsangue.
Recherches étant faites, il s'avère qu'aucun membre du staff des Tuniques Bleues n'a bossé sur ce jeu. J'en suis vraiment étonné, vu qu'Infogrames a édité les deux jeux et qu'ils sont extrêmement similaires dans leur déroulé, mais ça explique peut-être ce décalage au niveau des idées.
C'est le studio Warthog qui s'est chargé du développement, et si je le mentionne, c'est juste pour dire que leur logo contient un phacochère photo-réaliste absolument effrayant qui m'a fait me demander si j'avais bien téléchargé Astérix et pas une version craquée du Roi Lion de 2019.
Bref, j'avais de solides attentes pour cette Bataille des Gaules, mais j'en ressors déçu. Le jeu a des points positifs, ne vous y trompez pas, il a ainsi une campagne assez longue (j'ai mis environ 6h à en voir le bout), une IA énervée (j'ai joué en Avancé, parce que je suis un bonhomme tavu) et réserve quelques surprises même quand on pense avoir vu le bout de l'aventure.
Mais globalement, il a du mal à transformer l'essai de son ancêtre sur micro-ordinateurs. La faute au manque de dynamisme de ses phases annexes, qui finissent par ruiner le plaisir du jeu. C'est dommage, parce que Les Tuniques Bleues se bouclait vraiment vite, donc reprendre la même recette et l'appliquer à une plus grande zone de jeu aurait dû être un pari gagnant.
D'ailleurs, j'en profite pour le mentionner parce que je n'aurai sûrement plus d'autres occasions, depuis ma critique du jeu, j'ai appris qu'un Nord VS Sud 2 avait été en développement en 2014 et aurait proposé une carte comportant l'intégralité des Etats-Unis, et pas seulement la côte est. Je suis vraiment attristé qu'il n'ait pas vu le jour car c'est exactement ce que j'aurais voulu voir.
La Bataille des Gaules est une curiosité dans la carrière d'Astérix, mais pas la pépite cachée que j'espérais. Pas fondamentalement mauvais, juste répétitif, trop imprécis dans ses phases de plate-formes les plus périlleuses et chiant dans ses mini-jeux, ce qui fait que je n'ai pas envie d'y revenir. Tant pis, j'imagine qu'il faudra que je m'oriente vers des jeux de stratégie plus poussés un jour !