Ce DMC aura fait couler beaucoup d'encre. Etant moi-même un fan assez assidu des deux derniers épisodes (le 3 et le 4 bien entendu, plus de 40 heures passées sur chacun), j'étais pourtant confiant quant à ce reboot, probablement parce que j'apprécie Ninja Theory, mais aussi parce que les critiques un peu débiles sur le look de Dante, ça me stimule deux fois plus à défendre le jeu.
Et je dois bien reconnaître que la défense valait la peine d'être faite : rien qu'artistiquement, c'est bien simple, j'ai adoré. Ces couleurs flashy, ce monde qui bouge dans tout les sens, les inscriptions sur les murs ... Tout est fait pour qu'on se croit dans les limbes, et ça marche ! Certes tout les niveaux ne sont pas magnifiques, mais ça reste toujours très propre et inattaquable. La bande-son n'est pas en reste et propose des sonorités assez proches des anciens, avec une pointe d'électro en plus par moments. Ca met du rythme en tout cas.
Point de vue gameplay, je retrouve la raison qui m'a fait adoré le quatrième opus : contrairement à des Bayonetta (que j'ai adoré aussi), le principe du jeu n'est pas de retenir par coeur des combos, mais est toujours cet espèce de jeu de rythme intuitif très plaisant qui pousse à expérimenter et qui n'oblige jamais à aller se farcir des listes de combos imbuvables dans des menus austères. Quel plaisir d'enchaîner les ennemis avec une jouabilité si bien pensée et qui permet à n'importe qui de faire des jolis enchainements, tout en ayant une vraie marge de progression pour les plus aguerris !
Le vrai reproche que je ferais en réalité, il est plutôt simple : le scénario. C'est bien d'avoir essayé de faire quelque chose de plus sérieux, et je trouve le nouveau Dante très logique par rapport à son âge : moi aussi j'aurais imaginé un Dante moins posé et plus "chien fou" à son adolescence. Mais pour l'histoire, ça ne marche jamais vraiment. Certes, les personnages ne sont pas vilains, certes, ça se laisse suivre, mais en dehors du dernier niveau orgasmique, du boss de la démo et de la fin vraiment magnifique, le jeu ne se vend pas vraiment, et là où le scénario du troisième est culte pour moi (j'assume), et là où le scénario du 4 m'avait franchement emballé, ici je suis resté sur ma faim.
Tout ça pour dire que si vous avez aimé les anciens, de par leur gameplay, et de par la replay-value conséquente et le vrai plaisir à refaire les niveaux pour tenter de scorer un maximum, il n'y a aucune raison de bouder cet excellent jeu qui fera partie des meilleurs BTA de cette génération de consoles. Pour les autres, essayez la démo sans aprioris vaseux. Quoi qu'il en soit, je ne regrette pas mon achat, et je suis même fier d'avoir encouragé un jeu qui ne méritait pas cette vague de haine pour une histoire de faciès.