... Soit les belles paroles de Molyneux. Le bougre est un sacré roublard qui a parfaitement assimilé toutes les techniques de marketing et de rhétorique pour appâter le chaland qui abreuvé de ses belles formules constate bientôt qu'il a été berné. Et se sentant humilié, il a tôt de fait de descendre l'oeuvre finale et omet de profiter des qualités présentes et de profiter de l'intégralité de l'expérience qui lui est proposé.
Mais à quoi bon ce petit intermède ? Je me répondrai tout simplement (en prenant en compte que cela fait un tantinet schyzo sur les bords) que cela résume l'essence même de fable.
Bon de prime abord le jeu ne paie pas forcément de mine. Son univers bien que visuellement aguicheur semble trop lisse voire même trop enfantin avec les visages poupins de ses protagonistes. Ce n'est pas le Muppet Show mais bon même avec un guerrier torse nu, crête au vent et et force niveau max, j'ai un tantinet de mal à m'imaginer le successeur de Conan en la personne de "chasse poulet" (l'impossibilité de déterminer son nom est aussi bien pénible soit dit en passant). Bon et la soit disant possibilité de reproduire une véritable simulation de vie sociale est également de la jolie poudre aux yeux ; être salué avec triomphe PNJ en extase devant notre gloire alors que l'on est affublé d'un masque de poulet et à quasi à poil avec juste notre joli boxer "made in Britain" n'est pas vraiment des plus crédibles. Oh et quant à la possibilité de fonder une dynastie avec notre chèr(e) et tendre, que nenni. Après lui avoir passé la bague au doigt, il / elle apparaît juste comme un emmerdeur potentiel qui passe son temps à réclamer des présents et qui vous empêche de vous absenter plus de 3 jours sous peine de directement réclamer le divorce...Donc niveau réalisme on repassera volontiers (à moins que l'on considère les individus comme de simples pantins matérialistes un tantinet débiles).
Mais cependant en dépit de ces quelques détails peu folichons, Fable premier du nom n'est pas une vaste arnaque (contrairement à ses suites) et propose un univers avec sa propre identité après une première de jeu des plus classiques. Hobbes, trolls des marécages et autres, balverines... Le bestiaire est joliment en vilaines bestioles en tout genre que l'on prend un malin plaisir à trucider en plus de la horde habituelle de bandits et autres gardes en tout genres. De même la collection d'items en tout genre et notamment des armes légendaires à un côté des plus réjouissants et ajoute un relatif challenge, bien que le jeu ne soit pas des plus difficiles. Et notamment lorsqu'on l'on doit déchiffrer les obscures énigmes des quelques portes parlantes disséminées à travers le monde. Ce qui me fait également pense que le jeu regorge de multiples quêtes annexes et activités en tout genre qui lui offrent sa richesse ainsi que de moments bien fendards.
Bon l'intrigue principale est plutôt bien écrite et finalement pas si manichéenne et bon enfant que je le pensais au premier abord. Et le mask... euh Jack of blades est vraiment un badguy charismatique, machiavélique et redoutable lui contrairement à un certain Lucien... Mais ce qui me fait surtout apprécier ce jeu ce sont les multiples situations drôles que l'on retrouve tantôt dans la réaction des élèves d'une classe suite à la lecture d'un ouvrage grivois, tantôt la réaction exagérée des PNJ face à notre look hors norme. Ainsi que bien sûr les multiples possibilités d'interaction et de customisation de mon perso qui m'ont satisfait. Vous voulez un Vieillard grassouillet passablement alcoolique? Check. Un jeune samouraï au physique svelte et agile comme la grenouille qui s'éveille du matin de sa vie (soit l'état de triton) ? Check. Faire la travestie prostituée dans un bordel perdu au fin fond des marécages ? Toujours check. Oh et tant qu'on y est (et au vu de l'actualité lors de l'écriture de ces lignes) je dois aussi préciser que les personnes non hétéros seront ravies de savoir que le jeu comptabilise l'homosexualité et la bisexualité. Et reconnaît même le mariage avec des personnes du même sexe que le votre ! Et après on dira que les jeux vidéos ne sont pas visionnaires...