Le jeu vidéo Ghostbusters, ah petite arlésienne personnelle ! Essayé dans sa version initiale jadis sur un pc un peu capricieux, puis difficile à trouver à un prix abordable pendant près de 7 ans, une version remasterisée montre le bout de son nez et s’avère facile à obtenir et Hop !
Pour faire simple, le scénario est celui d’un film écrit par les scénaristes des deux premiers films (Aykroyd et Ramis) qui aurait pu avoir vu le jour mais qui a été avorté, je ne sais pas tellement pourquoi. Aux vues des premières heures de jeu, peut-être que le budget est ce qui bloquait : c’est un jeu d’action-couloir typique de la fin des années 2000. On incarne « Rookie », un personnage qui ne parlera pas et n’aura pas d’autres nom, il est dans l’équipe des casseurs de fantômes. Mais, c’est complètement assumé : les dialogues, très bien écrits au passage et vraiment très drôles, soulignent bien notre caractère ambigu de mi-figurant, mi-héros du jeu. Toute l’équipe est bien là et doublée par les acteurs : Venkman (ah Bill!!!), Egon, Winston et Ray. Pour faire simple, même si la narration n’a pas toujours été très claire, une nouvelle entité, plus puissante que Gozer revient hanter le quotidien des new-yorkais en invoquant des nouveaux fantômes mais en réanimant aussi les classiques des deux premiers films. Petit détail aussi, les musiques des films sont présentes, de manière un poil répétitive mais c’est plus qu’acceptable.
Graphiquement, le jeu est franchement joli malgré ses dix ans d’âge, le remaster est propre, les textures sont bien ajustées, on pourrait regretter que certains décors sont parfois dépouillés ou que la distance de vision est assez faible, mais ce serait trop chipoter. Les environnements sont assez variés, et hautement destructibles, les débris volent, des pans de murs tombent, c’est extrêmement jouissif et j’ai rarement trouvé cette sensation même dans des jeux récents. Les personnages sont très facilement reconnaissables. Il n’y a pas d’incohérences d’échelles. Mention spéciale aux projectiles lancés par notre positroneur désintégrant qui sont très bien animés, le laser de base va laisser des marques sur les murs, des brûlures, la cage que l’on peut former pour capturer les fantômes est superbement animée. Globalement, c’est franchement grandiloquent : les spectres passent de la taille d’un rat à des géants de plusieurs mètres de haut, les décors sont parfois étroits parfois immenses et souvent bien conçus pour se mouvoir, s’ajoutent des explosions, et un soin très régulier tout le long du jeu. Rien à redire c’est très plaisant !
En termes de système de jeu il y a à boire et à manger même si globalement il n’y a pas de véritable problème. Les déplacements sont un peu rigides, surtout relativement à ce qui est sorti entre temps (la comparaison avec The Last of Us peut faire mal) : le personnage a un peu le syndrome du piquet, les sauts et les esquives ne sont pas très propres non plus. Il y a aussi des problèmes de collisions avec les débris qui parfois bloquent le personnage, ou font sortir les fantômes du décor (ce qui est marrant c’est que l’on constate que les fantômes ne traversent pas les murs). Ensuite, pour l’avoir fait au PC, toutes les manipulations ne sont pas pensées pour du clavier-souris… UN INSTANT ! Le fait d’améliorer l’équipement et les pièges résout tous les soucis, et ce, rapidement, puisque rien n’est inabordable et il ne sera pas difficile d’acquérir la vingtaine d’améliorations. Ce que j’ai vraiment apprécié est le fait de ne pas avoir à faire à un simple jeu d’action, il y a un petit aspect enquête, qui nous fait passer en vue à la première personne et qui est très bien habillé donnant l’impression de vraiment faire un travail : on suit et analyse des indices, des spectres pour connaître leurs points faibles, c’est très bien dosé et ça ne casse pas le rythme de jeu, c’est vraiment pensé comme une petite respiration. Souvent nous serons accompagné de membres de l’équipe et cela va influencer leur comportement et les armes qu’ils vont utiliser. Cependant, pour avoir fait le jeu en difficile, les quatre membres sont des vrais paquets de sucre, et ils tombent souvent… bon on peut les ressusciter mais cela peut être parfois pénible tant ils sont fragiles. Heureusement ils nous rendent la pareille (Sauf Egon qui, pour une raison que j’ignore a sans doute passé plus de temps par-terre que sur ses deux jambes…). L’équilibrage de la difficulté est un peu étrange mais pas rebutant, le début du jeu est quand même assez difficile alors que, passé le premier tiers, c’est étrangement plus digeste, comme s’il n’avait pas forcément été anticipé le fait que l’équipement serait amélioré.
Au final, j’ai pu terminer l’ensemble en un peu moins de 8 heures, environ 1 heure par niveau, mais il n’y a pas grand-chose à jeter objectivement. Si tous les jeux tirés de films avaient tous reçus le même soin et le même respect que celui-ci, la vie serait tellement plus douce ! Je ne parle pas spécialement des bonus, des clins d’œil nombreux, et pour peu que l’on apprécie un minimum les films c’est déjà très agréable, quand pour les fans, c’est une vraie pépite !