Si "OK Tier" avait son image dans le Larousse illustré, ce serait probablement cette jaquette banale au possible avec ces persos centraux en badass qui avancent dans le plan.
Soyons clair, Gotham Knights n'est pas un mauvais jeu, c'est un jeu fonctionnel, un jeu ok, qui fonctionne, c'est une twingo 1.
C'est pas produit à si cher, c'est fait avec des bouts restants de diverses productions, on met plus d'énergie sur la com que sur la production en elle même et ça se vit sans grand engouement.
C'est un jeu très basique dans ce qu'il propose avec une recette éculée, une série de relativement peu nombreuses simples répétées à l'infini maquillée de cent façon.
L'ensemble est répétitif au bout de deux petites heures de jeu et sait qu'on a fait le tour alors que la complétion du titre est loin, très loin devant.
Question scénario, on est également dans le simple: on reprend un arc culte de Batman, on le simplifie pour qu'il rentre dans le cadre d'un jeu dont le but premier n'est pas d'être investi par celui-ci.
Gotham Knights n'est pas un jeu Arkham, c'est sans doute réellement la première chose à en dire. Du point de vue du gameplay, le fameux système free flow est absent remplacé par un ersatz plus beat them up et une infiltration autrement plus secondaire et carrément basse du front si on la compare à celle de son aînée sortie... en 2015 (et oui).
On est en face d'un loot rpg, ni plus ni moins, proche d'un Avengers en terme de ressenti globale mais en bien, enfin en fonctionnel... si on oublie les phases d'enquêtes juste ridicules qui n'ont généralement aucun espèce de sens.
Le Quatuor de personnages n'a en réalité pas de grands schismes le gameplay est pour aussi dire identique pour tous le même gameplay avec pour seule variation, des spécialistes: plus monocible rentre dedans pour Batgirl, plus infiltration sabotage pour Robin, etc...
Il y donc très peu d'intérêt à varier dans son choix de perso, ce qui est une occasion manquée en soit. On prend son main, on lui grind son équipement et quand l'envie prend, on switch rapido pour finalement revenir à son chouchou.
L'aspect multi mis en avant est pour ainsi absent et totalement optionnel. On peut laisser sa partie ouverte pour voir... Une fois personnellement sur une partie complète, un copain débarquer pour nous assister dans le cassage de membres et ça s'arrête là.
La partie réellement triste de ce jeu, c'est de voir de qui, qu'il le veuille ou non, qu'on le Markette comme cela ou non, il est l’hérité.
Il vient après la meilleure série de jeu adaptée de licence jamais faite, après un opus final, Arkham Knight, un jeu qui selon moi en faisait bien trop à en devenir étouffant mais avait amené à sa forme ultime une formule extrêmement bien née.
La comparaison est dévastatrice, mis à côté Gotham Knights est fade, déjà vu et fait tout moins bien que son prédécesseur.
Est-ce que, en ça, ça en fait un mauvais jeu ?
C'est libre d'interprétation mais les moyens mis en oeuvre, la confiance mis dans le produit et dans l'équipe (ici celle du mal aimée Arkham Origins) a sans aucun doute été infiniment moindre.
On sent que c'est un pur jeu de cahier des charges, qui fait tout ce qu'on lui dit avec une compétence correcte mais qui ne brille nulle part.
Gotham Knights est une Twingo 1, c'est le OK tier de l'année: vite joué, vite digéré, vite désinstallé, vite oublié au fond d'un catalogue Steam déjà trop grand dont on garde un souvenir qui fait hausser les épaules l'air de dire "ah ouais, ça existe".
Son seul avantage réel par rapport au reste de la production actuelle, c'est au final d'être un jeu Batman et que Batman nous a manqué. Alors même quand il revient avec l'air efflanqué du gars qui se remet encore de sa cuite de la veille, on l’accueil sur canapé, on passe du temps avec même si on a pas envie que ça dure 3 semaines, c'est pas un mauvais moment à passer et au final c'est peu être ça qui différencie les jeux moyens des mauvais jeux.