Gunpoint est le genre de petit jeu d'amateur qu'on aimerait voir plus souvent. Comme Mark of the Ninja, autre jeu d'infiltration 2D sorti un an avant, Gunpoint nous propose de récupérer un objet ou de pirater un ordinateur dans un bâtiment à plusieurs niveaux en évitant gardes et systèmes d'alarme. La violence n'est là qu'en dernier recours.
Pour s'en sortir, Conway l'espion peut modifier à sa guise (ou presque) le circuit électrique du bâtiment. Rediriger un interrupteur vers une porte permettra de l'ouvrir sans avoir à passer le scanner de sécurité. Coupler un détecteur de mouvement aux lampes permettra de les éteindre et de se faufiler dans l'obscurité. Car Conway est agile comme un chat, aidé notamment par des jambes robotiques qui lui permettent de sauter loin et haut. On se planque donc dans un ascenseur, puis on grimpe au plafond pour contourner le garde avant de grimper les escaliers vers l'étage suivant.
Gunpoint encourage le joueur à atteindre des objectifs auxiliaires pour améliorer son score, comme récupérer des PC portables cachés, limiter la violence ou ne pas se faire repérer. Ces objectifs dépendent du commanditaire, qui change régulièrement dans l'histoire. En effet, Gunpoint s'inspire des films noirs d'espionnage et démarre en faisant de Conway le seul témoin d'un meurtre odieux. Il devra donc passer de suspect à innocent, puis remonter la piste du véritable coupable. L'histoire n'a rien d'incroyable mais n'est pas inintéressante et le système de dialogue permet d'ajouter sa touche personnelle dans le caractère de Conway.
Dans l'ensemble, les décors en pixel art sont soignés et particulièrement lisibles. Les contrôles sont impeccables. Le personnage réagit au quart de tour, les niveaux sont conçus avec soin ce qui permet de les aborder de plusieurs façons différentes et le système de sauvegarde permet de revenir quelques secondes dans le passé à chaque échec, ce qui réduit à néant toute frustration quand un plan ne se passe pas comme prévu. De fait, à moins de s'astreindre à un score parfait dans tous les niveaux (aucune détection, aucun mort), le jeu en devient presque facile.
Les missions rapportent de l'argent et des points d'amélioration pour les super-jambes. Les nouveaux équipements (rendre le bris de glace silencieux, acquisition d'un revolver...) permettent de varier les approches. En parlant de diversité, l'histoire tente de nous proposer quelques embranchements et même un épilogue personnalisé en fonction de la violence de Conway. Rien d'exceptionnel mais une sympathique touche.
Gunpoint ne révolutionne pas le jeu d'infiltration, ni le jeu de plateformes 2D. Toutefois, il propose une expérience rafraîchissante sans défaut majeur, si ce n'est sa durée de vie : 2h30 pour faire l'intégralité des missions. Heureusement, les fins alternatives et l'éditeur de niveau sont là pour assurer la rejouabilité.