Dans un futur plus ou moins proche, les fieffés communistes coréens décident de conquérir le monde en général et les USA en particuliers. Bien que fiers et puissants les américains plient sous le joug marxiste et les États-unis deviennent ainsi un territoire coréen. La population est réduite en esclavage mais un vent de révolte souffle sur la Californie, quelques années après l'annexion un héros se dresse pour bouter l'envahisseur jaune et rouge hors de des terres de l'Oncle Sam.
Ce héros, c'est vous. Oui vous et c'est en vue subjective que vous allez prouver la supériorité du Hamburger sur le Bulgogi.
En titillant la fibre patriotico-spectaculaire avec un FPS scénarisé Kaos Studio a visiblement beaucoup joué à Call of Duty ces dernières années. Plus qu'une référence : un modèle puisque Kaos Studio s'est contenté de reprendre l'ensemble du Game Design de la franchise créée par Infinity Ward.
Mais lorsque l'on fait tourner la photocopieuse sans la surveiller on a parfois des mauvaises surprises.
Ainsi Homefront est l'exemple même de tout ce qu'il ne faut pas faire : level design en couloirs étroits et bardés de scripts laborieux (le déclenchement de certaines ouvertures de porte sont incroyablement fastidieux), cut scene trop fréquente entrecoupées de sessions de jeu trop courtes, inénarrables séquences de rail-shooting en hélicoptère sans imaginations, gameplay mou du genou (même en sensibilité maximal le personnage met des plombes à réagir, aucune différence entre la course et la marche) et action pas assez spectaculaire pour faire illusion.
Déjà bien handicapé par son gameplay complètement creux Homefront se permet en plus le luxe d'être effroyablement laid. Avec ses textures baveuses, ses modélisations à la serpe (mon dieu les visages !) et ses animations haché le jeu de Kaos Studio est l'occasion d'un bond technique jusqu'en 2002, période à laquelle il aurait été acceptable techniquement.
Pour couronner le tout le jeu se permet des bugs en tout genre comme des textures qui n'apparaissent pas, des bugs d'affichages ou bien, fin du fin, des ennemis qui popent en plein milieu du champs de bataille à 2 mètre de vous, sans qu'on ait pris le soin de dissimuler la grosse ficelle derrière un élément de décor. Un tel niveau de (non-)finition laisse sans voix.
Sans doute conscient des énormes lacunes de leur soft Kaos Studio essaye de se rattraper sur son ambiance et son histoire et si le bilan est moins catastrophique que sur les autres points, il n'est pas complètement satisfaisant non plus.
Les cinématiques de chargement mêlant archives, photos, compositing 3D et prise de vue avec des comédien sont particulièrement soignées et efficaces. Cependant une fois en jeu les lacunes techniques et la mollesse (ainsi que sa prévisibilité)de la mise en scène annihilent tous ces effort.
Pour essayer d'affirmer un peu sa personnalité Homefront se la joue "sans concession" : exécution sommaire d'un couple devant leur enfant en larme, camp de prisonnier où les passages à tabac sont un mode d'expression et même dissimulation dans un charnier ne sont que quelques exemples des réjouissance proposées par Homefront.
Ne cherchez donc pas de subtilité dans tout ceci, il n'y en a aucune et il faut bien dire que l'accumulation de séquences chocs dans un discours aussi con et creux à tendance à mettre mal à l'aise mais pas pour les "bonnes raisons".
Les plus courageux pourront tenter de prolonger (comptez 4 misérables heures, sans se forcer et en mode difficile, pour boucler le mode solo) le "plaisir" en multijoueur avec un contenu là encore tout à fait générique et à l'intérêt plus que limité tant l'ensemble de la concurrence ( Call of Duty forcément mais surtout Battlefield : Bad Company 2) offre bien mieux. Il faut bien dire qu'avec un gameplay aussi mou et avare en sensation on ne pouvait pas non plus attendre grand chose.
Gratuit et racoleur, voilà ce qu'est Homefront, un jeu bas de gamme qui n'a même pas pour lui l'excuse d'être agréable ou défoulant. Voir John Milius (le réalisateur de Conan et de l'Aube Rouge -auquel le jeu fait de nombreux clins d'oeil-, scénariste d'Apocalypse Now, créateur de la série Rome) payer ses impôts en apposant son nom à ce naufrage vidéo-ludique ne fait que rajouter une couche de tristesse à cette mauvais blague.
Comble de la de l'ironie : la fin du jeu en queue de poisson qui essaye de la jouer cliffhanger, comme si ça allait intéresser quelqu'un de prolonger la catastrophe au delà de ce titre déjà pas glorieux.