10/10, oui, on est toujours plus généreux quand on ne s'attend à rien. Sorti en juin 2014 dans une indifférence la plus absolue et écrasé par la couverture promotionnelle d'un jeu similaire sorti un trimestre plus tôt, un certain « South Park - the Stick of Truth», tout présageait que le jeu allait passer inaperçu... Et effectivement, le jeu est passé inaperçu, du moins pendant son début d'exploitation. C'est pas facile de sortir un rpg aux allures enfantines mais trash quand tu as South Park qui a décidé de le faire 2 mois avant toi... Le bouche à oreille prends son temps, mais finira par rendre visible ce jeu qui trouvera son public.
D'un autre côté, voilà comment est présentée la première œuvre de Dingaling : un rpg coloré déjà agressif par son graphisme bariolé, un (énième) univers « post-apocalyptique » peuplé de personnages inspirés par les pires seconds rôles d'un film de Jodorowsky et une recherche qui mènera votre personnage au sommet de la folie.
Le fil rouge qui va vous pousser à explorer tous les recoins de cette gentille utopie est éclairci dès les 5 premières minutes de gameplay :
-Dans un futur proche, il n'y a plus aucune femme depuis des années.
la terre est peuplée uniquement de hordes de mecs en rut. Brad (vous) vit dans une grotte
avec quelques vieux potes du collège, bien qu'il ait déjà la quarantaine passée.
-Un jour Brad trouve un bébé, une fille plus précisément, dans la nature, il la nomme Buddy.
-Il la ramène à la grotte, et l'élève en secret avec ses potes dans le plus grand calme en la maintenant en captivité jusqu'à la fin de son adolescence (on a d'ailleurs droit à une jolie scène-montage digne des meilleurs séquences d'entrainement des films de base-ball des années 80s).
-Brad, quelques années plus tard et quelques cheveux en moins rentre dans sa grotte pour découvrir ses comparses massacrés, l'un d'eux dans un dernier souffle lui annonce le kidnapping de Buddy.
Voilà, à partir de ce point vous l'avez comprit, le pitch est clair, c'est comme si on avait eu droit à un remake du « Monde de Némo » par Georges Miller et Gaspar Noé réunis. Les requins sont remplacés ici par les pires déséquilibrés aux maladies et troubles mentaux en tous genre. Et dans ce joli océan de déchets humains vous allez devoir trouver et faire équipe avec d'autres marginaux jouables (jusqu'à 4 personnages dans votre équipe) et vaincre combat après combat chaque clan afin de vous rapprocher de votre Buddy.
C'est avec cette team de gagnants que vous allez devoir remonter le fleuve de cet enfer pixelisé, moyennant combats, roulettes russes, matchs de catch, prostitution et techniques ancestrales de kung fu.
Non content d'accoucher d'un univers vidéoludique aussi riche que déprimant, son créateur a eu l'idée maline d'y intégrer un humour tantôt absurde tantôt gras. L'élément clé pour désamorcer l'horreur de ce jeu. On en profitera d'abord par les dialogues puis par les situations proposées le long de l'aventure, le jeu se payera le luxe de parodier Skyrim notamment la scène de la montée des marches (interminable).
Lisa fait partie de la branche du jeu indépendant qui se réinvente sans cesse pour offrir de nouvelles expériences au joueur en mêlant avec brio son implication et sa fascination face à un univers nouveau et à ses propres codes.