Qui s'en fout ?
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le 17 juin 2021
Depuis le temps qu'on lit et qu'on aime Djian, et compte tenu de son rythme de production stakhanoviste, il est difficile de prétendre que nous avons été bluffés, voire même surpris par "A l'aube", où il réutilise sans encore les remettre en question les outils formels qu'il a lentement développés au cours de la dernière décennie : intégration des dialogues dans le flux narratif, simplification radicale de la ponctuation, ellipses sauvages évidant le récit de certaines de ses scènes-clé, etc. Le novice sera évidemment désorienté et furieusement secoué, tandis que l'habitué se retrouvera en terrain connu, et selon son humeur, pourra s'irriter de ce qui tourne parfois au gimmick manipulateur ou bien se réjouir de l'efficacité indéniable de ce "style" si particulier.
Djian transporte cette fois ses habituels conflits brutaux mélangeant famille, sexe et délitement sociétal dans des USA dévorés par la puissance imbécile du Commerce (vendre des vêtements aux riches bourgeoises new-yorkaises ou bien son corps à leurs maris, banquiers arrogants, c'est la même torture...), dans laquelle s'est dissoute la radicalisation politique des derniers rebelles du XXe siècle : il y perd un peu de la crédibilité de ses situations, mais réussit à générer un léger exotisme déstabilisant, qui concourt au sentiment anxiogène que tout peut arriver.
Mais c'est surtout cette fois le déroulement de la fiction qui interpelle et se révèle marquant : avec une conclusion de son intrigue principale à mi-parcours et une seconde partie qui semble floue et sans objet, "A l'aube" nous assène le coup de grâce dans ses dernières lignes aussi inattendues que parfaitement logiques.
Et Djian réussit une fois de plus son coup, tenant toutes ses promesses.
[Critique écrite en 2020]
Créée
le 19 janv. 2020
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