Moins qu’un chien, c’est un livre autobiographie du chien fou, contrebassiste « Charles Mingus » parue en 1971. Le titre, Moins Qu'un Chien, fait référence à la façon dont étaient traités les Noirs aux USA dans les années 40/60.
Et réflexion sur le racisme et le statut des artistes noirs.
Sous la forme d'une longue confession à un psychiatre, Mingus raconte, sans fard, la lutte perpétuelle qu'il a menée contre le "monde des Blancs", la terre entière et Dieu. On rencontre dans ce livre des musiciens juifs " qui ont le swing " et un psychiatre sémite-nazi, médecin de l'hôpital de Bellevue, qui aurait déclaré que la paranoïa héréditaire nègre doit être traitée par lobotomie. : Mingus appelle à l'aide son psychanalyste privé et compose, dans le gymnase, une œuvre viennoise. Son titre : All the things you could be by now if Sigmund Freud's wife was your mother :
Tout ce que tu pourrais être aujourd'hui si la femme de Freud était ta mère.
Être "moins qu’un chien" c’est, dit Charles Mingus, être noir et musicien de jazz dans une Amérique blanche qui ne quitte l’indifférence ou le mépris de la communauté noire que pour piller ses valeurs culturelles.
Être moins qu’un chien c’est, tout en luttant contre le pouvoir blanc par la charge revendicative de la création, être forcé, dans le quotidien, de jouer son jeu. Quand la rage de Mingus passe par les sons, cela donne cet opus corrosive qu’est : « Pork Pie Hat ».
Dans son autobiographie, il définit sa couleur de peau par l’expression Couleur de chiasse. En effet, elle est trop foncé pour les blancs et pas assez pour les noirs.
Ces quelques remarques indiquent que pour faire connaissance avec ce personnage hors normes, rien de mieux que ce bouquin dont Charles Mingus est , l "écorché vif sur un lit de clous", qui se croyait, écrit-t’il "la cible élue du désastre, le souffre-douleur personnel de toutes les oppressions, le préjudice incarné." Rien que ça! On ne saurait mieux dire! Alors à votre chevet, livre en main et Mingus-piano au vynil.