Ce roman est typique des auteurs qui se lancent dans la science-fiction sans forcément connaitre le genre : c'est très bien fait mais ça n'apporte pas grand chose.
Développons un peu : c'est d'abord très bien écrit. La plume d'Ohl est fluide et on sent qu'en plus il se fait plaisir sur certaines phrases, sans pour autant tomber dans le clinquant. Les références sont érudites (Dickens sur lequel Ohl a déjà écrit, Kubrick évidemment) sans surcharger le roman. L'intrigue est réussie, mais ne surprendra aucunement le lecteur habitué de Dick. On est là dans les jeux coutumiers de questionnement de la réalité, sujet exploré à peu près à fond dans les années 60/70, et auquel l'auteur n'ajoute pas une vision neuve. Mais ne boudons pas notre plaisir : ce roman, s'il ne révolutionne pas le genre, est une réussite.