Ça se lit.


Encore un projet bizarre de Miller. J'aime bien cette capacité à se remettre en question, à proposer des romans un peu différents. Et puis cette capacité à toujours écrire, parfois pour rien, en partant d'un idée très mince. Forcément, c'est un peu long et anecdotique ; quand l'auteur essaie de faire quelque chose de plus profond, c'est un peu trop poussif aussi, du coup ça ne prend pas autant qu'il l'aurait souhaité. Ajoutons à cela une première fin très décevante un peu équilibrée par cette seconde fin (une deuxième lettre qui casse un peu le dispositif mais qui était nécessaire). De plus, la progression du personnage est un peu trop soudaine : il y a un monde de différence entre le début et la fin et cela ne s'est pas opéré progressivement, au contraire, ça a été brutal et on ne comprend pas ce revirement.


Le style grossier et virulent fonctionne bien tout du long. Le style plus compromis sur la fin, pour montrer la progression du personnage, est moins efficace mais ça reste de la bonne littérature : on sent que l'auteur parle avec ses tripes, qu'il ne cherche pas spécialement à en foutre plein les yeux avec son style. Et pourtant il y a une forme de rigueur et de travail, l'auteur a su se mettre dans la peau de ce personnage afin de maintenir cette façon d'écrire. Et s'il la perd à la fin, c'est selon une certaine logique et non à cause d'une faiblesse d'écriture.


Bref, que voilà un petit roman sympathique.

Fatpooper
6
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le 30 oct. 2019

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Fatpooper

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